Haïti s’enfonce dans la crise institutionnelle

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Un homme affiche son soutien au juge de la Cour Suprême, Joseph Mécène Jean-Louis, lors des manifestations contre le président haïtien Jovenel Moïse, à Port-au-Prince, le 8 février 2021.

La chute se poursuit. Après l’annonce par les autorités qu’elles avaient déjoué un projet de coup d’Etat, dimanche 7 février, contre le président contesté Jovenel Moïse, l’opposition haïtienne vient de désigner un dirigeant censé assurer une transition politique dans un pays en proie à une crise générale. Dans un message vidéo transmis à l’AFP, un juge de 72 ans, Joseph Mécène Jean-Louis, déclare « accepter le choix de l’opposition et de la société civile pour pouvoir servir son pays comme président provisoire de la transition ». Selon un ancien sénateur, Youri Latortue, cet intérim est prévu pour durer vingt-quatre mois. « La feuille de route est établie pour deux ans avec l’organisation d’une conférence nationale, l’élaboration d’une nouvelle Constitution et la tenue des élections », a détaillé M. Latortue qui, après avoir été conseiller du président Michel Martelly, mentor de Jovenel Moïse, s’est déclaré opposant au pouvoir.

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M. Moïse soutient que son mandat à la tête de ce pays, le plus pauvre des Amériques, court jusqu’au 7 février 2022. Mais cette date est contestée par une bonne partie de la population, l’opposition et un nombre grandissant de juristes et d’organisations de la société civile. Selon eux, le mandat de cinq ans de M. Moïse est arrivé à terme dimanche 7 février. Ce désaccord de date est né du fait que M. Moïse avait été élu le 25 octobre 2015 lors d’un scrutin annulé pour fraudes, puis réélu un an plus tard. D’après la Constitution haïtienne de 1987, les mandats des parlementaires et du président commencent l’année électorale, et non le jour de leur investiture.

« Situation trouble »

Se gardant de prendre parti, l’ONU semble toutefois valider le calendrier électoral défendu par Jovenel Moïse. « Il a prêté serment en février 2017 pour un mandat de cinq ans », a déclaré lundi Stéphane Dujarric, porte-parole du secrétaire général de l’organisation Antonio Guterres. Les Nations unies se sont dites « inquiètes » de la situation et ont appelé au calme les parties en présence. Washington s’est également déclaré préoccupé et a lancé un appel similaire à la retenue : « La situation demeure trouble et nous attendons les résultats de l’enquête policière » au sujet de l’attaque dont aurait été victime le président, a affirmé le département d’Etat.

Dans un entretien au média d’Etat américain Voice of America, Ned Price, porte-parole de la diplomatie américaine, a, lui aussi, soutenu l’idée d’une alternance en 2022, tout en appelant Jovenel Moïse à « faire preuve de retenue » et à restaurer le fonctionnement démocratique du pays.

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