le Luxembourg, un aimant pour les grandes fortunes françaises

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Publié aujourd’hui à 03h18

Parmi les 50 familles les plus riches de France,
37 ont une présence Luxembourg

A elles seules, ces familles détiennent
535 sociétés luxembourgeoises

Ces société détiennent au moins
70 milliards d’euros d’actifs

Des jets privés, des œuvres d’art, des appartements de prestige à Paris, des parts de multinationales ou de fonds d’investissement… Se pencher sur les sociétés luxembourgeoises des familles les plus fortunées, c’est entrer dans la caverne d’Ali Baba. D’ailleurs, comme le héros du conte perse, c’est en devenant le gardien de tout cet or que le Grand-Duché de Luxembourg a bâti sa fortune.

Ce coffre-fort séduit particulièrement les riches Français : notre enquête révèle qu’au moins un tiers des 500 plus grandes fortunes françaises répertoriées par le magazine Challenges sont propriétaires de sociétés luxembourgeoises. Dans le cénacle très fermé des cinquante familles les plus fortunées, trente-sept sont présentes au Luxembourg.

La base de données OpenLux, constituée par Le Monde à partir d’un registre des bénéficiaires effectifs de sociétés récemment rendu public par le Luxembourg, offre une cartographie sans précédent du patrimoine de l’élite de l’élite. Le Monde a établi que ces trente-sept familles détenaient au moins 92 milliards d’euros d’actifs dans 535 sociétés au Luxembourg.

37 familles françaises et 537 sociétés

Chaque carré représente une société luxembourgeoise dont la famille a été bénéficiaire au cours de l’année 2020. Cliquez sur pour voir le détail. Les familles apparaissent dans l’ordre de leur rang au classement Challenges 2020.

Ces notices étaient fondées sur les comptes 2019 ou 2020 des sociétés, elles peuvent dans certains cas ne plus correspondre exactement à la situation en 2021.

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Certaines de ces sociétés ont une présence tangible au Luxembourg, comme le grand magasin Galeries Lafayette (appartenant à la famille Moulin) dans la Grand-Rue de la capitale, ou les boutiques Brioche Dorée (famille Le Duff). Mais, dans la grande majorité des cas, ce sont des filiales purement financières. Elles abritent ainsi des actifs personnels et des parts dans les multinationales qui ont fait la fortune de ces familles.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi OpenLux : l’insatiable appétit des Français pour les sociétés luxembourgeoises

Les vingt familles qui ont accepté de répondre au Monde sur les raisons de cette présence au Luxembourg déroulent à peu près toutes les mêmes explications. Un discours dans lequel les avantages fiscaux sont invariablement passés sous silence. A leurs yeux, le pays a un charme indéniable : rien n’y change – ou alors, très lentement.

C’est ce qui a permis à l’homme d’affaires milliardaire Jacques Veyrat, en logeant les structures de son groupe au Luxembourg, d’attirer plus facilement des investisseurs : « C’était très prévisible, les règles étaient toujours les mêmes, explique le patron du groupe Impala. En France, en Allemagne ou en Espagne, ça pouvait changer tous les cinq ans. » L’héritier du groupe de spiritueux Rémy Cointreau, Elie Heriard-Dubreuil, abonde : « Un grand cabinet d’avocats m’a indiqué que, pour une activité d’investissement avec des associés issus de toute l’Europe, les deux juridictions les plus appropriées étaient le Royaume-Uni et le Luxembourg. »

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