[Société] Cinéma et audiovisuel : La filière résiste malgré la crise

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Malgré la crise, le cinéma péi a tenu bon l’année dernière. Les tournages ont été maintenus et un dispositif d’aide a été déployé pour accompagner les professionnels locaux. Si la situation sanitaire reste sous contrôle, la filière pourra poursuivre sur sa belle lancée en 2021.

2020 a été un choc pour le monde économique mais certaines branches ont mieux résisté que d’autres. À La Réunion, la filière cinématographique et audiovisuelle a tenu bon grâce aux productions extérieures mais aussi au déploiement d’un dispositif de soutien. Cette opération exceptionnelle a été initiée par La Région en fin d’année dernière. Afin d’aider le secteur, la collectivité a lancé un appel à projets pour financer 10 courts-métrages péi sur le thème ” La Réunion : ce qui nous rassemble “. Au vu de la qualité des projets, ce sont finalement 18 dossiers qui ont été retenus. Les Réunionnais sélectionnés ont jusqu’au mois d’avril pour rendre leurs œuvres et tous les courts seront ensuite rassemblés dans un film choral. Afin que le dispositif touche l’ensemble de la profession, chaque réalisateur doit s’entourer d’une petite équipe technique locale. Ainsi, même en période creuse, les professionnels locaux ont la garantie de pouvoir faire leurs heures.

En parallèle, ces derniers ont pu travailler sur les quelques tournages qui se sont tenus l’année dernière, à commencer par le Petit Piaf de Gérard Jugnot, mais aussi les courts-métrages comme ” La saveur des mangues de Mirana ” de Lorris Coulon ou ” Un cœur rempli de nuits ” de Marie Fagès.

 “Feu d’artifice”

Sans faire dans le cynisme, la crise Covid a même offert de nouvelles opportunités aux talents péi qui ont été embauchés sur la série OPJ. Pour rappel, lorsque les frontières ont commencé à fermer en mars dernier, le tournage de la saison 2 venait de démarrer en Nouvelle-Calédonie. À peine arrivés dans l’archipel, la production, l’équipe technique et les acteurs ont rapidement plié bagages. France Télévisions et Térence Films, qui pilotent le projet, se sont naturellement tournés vers La Réunion lorsqu’il devenait évident que les mesures sanitaires instaurées en Nouvelle-Calédonie empêcheraient la poursuite de la série dans le Pacifique. Si ce changement de localisation a été possible aussi rapidement, c’est parce que la production connaissait déjà notre île pour y avoir tourner plusieurs saisons de Cut. En choisissant notre île, les producteurs savaient qu’ils y trouveraient des techniciens compétents et qu’ils auraient le soutien des instances locales. ” Quand on a un dossier urgent comme celui-ci, on est désormais en mesure de réagir rapidement. On accélère le processus pour valider le projet à La Région et voter les budgets, dans des délais plus courts. De son côté, la production sait qu’elle peut compter sur notre savoir-faire local. C’est la vraie force de La Réunion !”, soutient Edy Payet délégué général de l’Agence Film Réunion (AFR). Ce traitement express a également été appliqué pour la superproduction américaine Long Gone Heroes (annoncé au premier semestre de 2021) ainsi que pour la collection des Talents Adami, dont les courts-métrages ont été tournés fin 2019.

Grâce à ces différents paramètres, l’impact de la pandémie sur la filière a nettement été amoindri. Et si le virus ne vient pas une nouvelle fois jouer les trouble fêtes, Edy Payet nous promet un “feu d’artifice” en 2021.


Edy Payet, comment l’AFR s’est-elle adaptée à la crise Covid et au confinement ?

“Nous avons accompagné les professionnels dont les projets ont été stoppés à cause du confinement et nous étions continuellement en relation avec les équipes du Petit Piaf pour assurer leur venue sur l’île. Nous avons aussi poursuivi les études de projets et les commissions ont été maintenues. On n’a accusé aucun retard et quand les tournages ont pu reprendre, tout était prêt.

Quel est le poids de la filière dans l’économie réunionnaise ?

Depuis 7 à 8 ans, l’impact des tournages sur l’économie locale est estimé à 15 millions d’euros. On arrive à ce résultat car pour un euro d’aide accordé par la Région, les productions s’engagent à dépenser 4 euros sur le territoire. Mais dans la réalité c’est beaucoup plus que ça, car les équipes viennent souvent avec leurs familles qui profitent de leur séjour pour faire du tourisme, sans oublier les dépenses du week-end qui ne sont pas comptabilisées. De plus, alors qu’en 2010, 12% des intermittents travaillaient dans l’audiovisuel, dix ans plus tard ils sont plus de 90%.

Quel bilan dressez-vous de ces 10 dernières années ?

En plus d’accueillir de nombreux tournages, une de nos fiertés est de voir que le savoir-faire réunionnais s’exporte. Par exemple, le chef déco qui a travaillé sur le long-métrage “Larguées” a par la suite embauché 4 locaux pour le tournage de “Nous finirons tous ensemble” de Guillaume Canet. Des talents réunionnais ont aussi travaillé sur la saison 1 d’OPJ en Nouvelle-Calédonie. Nous sommes aussi fiers de la montée en puissance de nos auteurs locaux qui se distinguent au niveau national. Il y a eu par exemple Julie Jouve, Vincent Fontano, Laurent Pantaléon… On dresse le même constat du côté de la filière animation. Au final, tout le monde travaille et en plus il y a de la qualité”.

 

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(Photo AFR)


Deux opérations phares

Dans le cadre de ses missions, l’AFR organise différentes actions pour soutenir la filière locale. Parmi elles, on peut retenir la résidence d’écriture “Réunion tout En Auteurs” et l’opération de promotion du territoire “L’Eductour-La Réunion des cinémas”. Au fil des années, ces deux événements ont contribué à l’émergence d’auteurs locaux et à la venue sur l’île de nombreuses productions extérieures.

 

 

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Lors de la dernière édition de l’Eductour (Photo: AFR)


Si la situation sanitaire reste sous contrôle, l’île devrait accueillir encore de nombreux tournages, cette année. Ainsi, l’équipe d’OPJ 974, qui tourne actuellement la deuxième saison, devrait revenir en milieu d’année pour filmer la troisième saison. En 2021, il devrait également y avoir le tournage de la superproduction américaine “Long Gone Heroes”. De même, l’humoriste et réalisateur Malik Benthala passera trois mois sur l’île pour son long-métrage “Jack Mimoum et les secrets de Val Verde”. La productrice Pauline Seigland filmera aussi une partie de son film “Disco Boy” dans notre département. Et, le réalisateur suisse Simon Jaquemet sera également à La Réunion pour “Electric Child”.

 

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