le « quoi qu’il en coûte » de la Maison Blanche

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Le président Joe Biden, à la descente de l’avion présidentiel Air Force One, à New Castle (Delaware), le 5 fevrier.

Comme il n’existe pas de prix Pulitzer pour les « plumes » présidentielles, celle de Joe Biden n’aura pas de regrets. Sa deuxième semaine pleine à la Maison Blanche a confirmé que le verbe de son nouveau locataire ne recherche généralement pas le souffle, l’emphase ou la stratosphère, même si après Donald Trump il est facile d’apparaître en Démosthène. Il ne chantourne pas, il taille droit. Le président ne fait pas dans le discours, il fait de la politique.

Face à l’épidémie de Covid-19 et à son cortège de désespérance, Joe Biden s’est fixé comme cap un plan de soutien de 1 900 milliards de dollars (environ 1 580 milliards d’euros). Plus du double que celui qu’avait obtenu du Congrès Barack Obama pour surmonter la crise des subprimes en 2009. L’actuel président avait le choix entre déployer des trésors de persuasion pour convaincre dix sénateurs républicains de rejoindre les démocrates afin d’éviter l’écueil du « filibuster » qui permet à la minorité d’y imposer sa loi. Ou bien d’avancer en recourant à une disposition limitée aux affaires budgétaires qui permet de se contenter d’une majorité simple. Il a déjà tranché : la quête du consensus attendra.

La quête du consensus attendra

Serait-il d’ailleurs possible avec un Parti républicain qui a traîné pitoyablement des pieds avant de reconnaître sa victoire ? Avec des élus qui acquitteront sans doute Donald Trump à l’issue de son procès en destitution déclenché par l’assaut de ses partisans contre le Congrès, auquel il avait puissamment contribué ? Avec des dirigeants qui refusent de sanctionner les écarts complotistes de la nouvelle génération d’élus adoubée en son temps par l’ancien président ?

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Lorsque Joe Biden a parlé d’unité, après sa prestation de serment, il visait sans doute moins les élus républicains qui l’entouraient, et qui brûlent déjà de renverser les très fragiles majorités démocrates à la Chambre et au Sénat dès 2022, que leurs électeurs, ou plus précisément une partie d’entre eux.

Ceux par exemple qui avaient voté pour Barack Obama en 2008 et en 2012 et qui se sont tourné vers Donald Trump quatre ans plus tard, séduits par celui qui se présentait unilatéralement comme le porte-parole des « oubliés ». Comme vient de le montrer une étude de l’American Enterprise Institute, un cercle de réflexion conservateur, ces électeurs-là, contrairement aux républicains traditionnels, ne sont pas effrayés une intervention de l’Etat fédéral pour garantir des conditions de vie décentes, ni par la dépense publique s’ils peuvent en bénéficier.

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