Le gouvernement indien en difficulté face… à Rihanna et Greta Thunberg

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Des nationalistes hindous tiennent des photos de Greta Thunberg et de Rihanna, à New Delhi, le 4 février 2021. Ils dénoncent les propos de la militante suédoise et de la chanteuse qui ont affiché leur soutien aux paysans indiens sur Twitter.

Avait-elle imaginé la tempête qu’elle allait provoquer ? Par un simple message posté sur Twitter le 2 février à 20 h 59, la chanteuse américaine Rihanna a donné un écho international à la mobilisation des agriculteurs indiens qui campent depuis plus de deux mois aux portes de New Delhi pour réclamer le retrait d’une réforme agraire qui risque de les fragiliser. Plus encore, la star aux 101 millions de followers a braqué, en sept mots, les projecteurs sur la dérive autoritaire du régime de Narendra Modi.

« Pourquoi ne parlons-nous pas de ça ? ! #farmersprotest », a t-elle demandé en partageant un reportage de CNN relatant les coupures d’Internet et la suppression de comptes Twitter d’agriculteurs et de journalistes indiens. New Delhi, aux lendemains d’une manifestation des paysans qui a dégénéré le jour de la fête nationale, le 26 janvier, a suspendu l’accès à Internet sur les différents sites de protestation des agriculteurs. Une poignée de journalistes indépendants est accusée de sédition pour avoir contredit la version des policiers sur les conditions de la mort d’un manifestant.

Le message de Rihanna a été retweeté plus de 230 000 fois et commenté par près de 80 000 personnes. D’autres personnalités ont alors pris le relais. Greta Thunberg, d’abord, qui à l’instar de Rihanna a partagé le reportage de CNN en proclamant : « Nous sommes solidaires de la #farmersprotest en Inde. »

Le pouvoir a choisi de riposter

Puis la nièce de la vice-présidente américaine d’origine indienne Kamala Harris s’est à son tour indignée. « Nous devrions TOUS être scandalisés par les fermetures d’Internet en Inde et la violence de paramilitaires contre les agriculteurs qui manifestent », a tweeté Meena Harris, écrivaine, mettant en garde contre le silence face aux « dictateurs fascistes ».

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Jeudi 4 février, l’ambassade des Etats-Unis à New Delhi a exhorté le premier ministre indien, Narendra Modi, à reprendre les discussions avec les agriculteurs. Jusqu’à présent, seul Justin Trudeau avait osé un commentaire, au début de la mobilisation paysanne. Le premier ministre canadien s’était fait immédiatement rappeler à l’ordre par les autorités indiennes qui apprécient peu que les gouvernements étrangers se mêlent des affaires intérieures.

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Le gouvernement indien, en prise avec la plus vaste mobilisation depuis l’avènement de Modi au pouvoir en 2014, a choisi de riposter, œil pour œil, dent pour dent. Les trolls du parti au pouvoir comme les médias proches du pouvoir se sont déchaînés contre Rihanna et Greta Tunberg et contre la « propagande extérieure » qui menace l’unité nationale.

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