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C’est la Chine qui a dominé les débats, lors des auditions de confirmation par le Sénat – dont la deuxième partie s’est déroulée jeudi 4 février – de Linda Thomas-Greenfield, qui doit représenter la diplomatie de l’administration Biden aux Nations unies.
L’Afro-Américaine de 68 ans, spécialiste des questions humanitaires et de l’Afrique, a martelé que son principal défi serait de combattre les avancées chinoises à New York. « J’ai une longue expérience à propos de l’influence nuisible de la Chine, de leur stratégie d’endetter et piéger, en Afrique et ailleurs, a-t-elle déclaré lors de sa première audience au Sénat, le 28 janvier. La Chine est un adversaire stratégique, qui pose des défis à notre sécurité, à notre prospérité et à nos valeurs. La Chine enfreint largement les droits de l’homme, a des ambitions autoritaires qui vont à l’encontre de nos valeurs démocratiques. »
« L’administration Biden devrait être bien plus méfiante envers la Chine que ne l’était l’administration Obama, même si le personnel diplomatique est quasi le même », prévient Richard Gowan, directeur ONU de l’International Crisis Group. L’analyste s’attend à des offensives dures de Washington sur la répression contre les Ouïgours, ou dans la défense de la démocratie en Birmanie. « On a déjà vu un léger changement cette semaine, continue-t-il. Jamais la Chine ne se serait jointe à une déclaration commune du Conseil de sécurité pour dénoncer le coup d’Etat de la junte sous l’administration Trump. Elle a montré qu’elle ne voulait pas endommager sa toute nouvelle relation avec l’équipe Biden. » Le Conseil de sécurité de l’ONU a exprimé jeudi sa « profonde préoccupation » sur la situation en Birmanie.
Sortir des impasses stériles
Autre terrain sur lequel Washington va poursuivre Pékin : le continent africain. Diplomate depuis trente-cinq ans, ayant travaillé au Rwanda, et ancienne ambassadrice au Liberia, secrétaire d’Etat assistante aux affaires africaines de 2013 à 2017, Linda Thomas-Greenfield a surveillé de près la stratégie d’investissement chinoise sur place. Pour elle, le bilan est terne : dettes colossales des pays africains auprès de la Chine, malaise des populations face à des ouvriers chinois qui ne s’intègrent pas et, surtout, les infrastructures construites sont de mauvaise qualité.
« Ça n’a pas marché pour les Africains, et ça ne s’est pas déroulé comme le prévoyaient les Chinois, a-t-elle affirmé. Ils ont échoué parce que les Africains préféreront plutôt, lorsque c’est possible, travailler avec les Etats-Unis. Mais pour l’instant, malheureusement, ils n’ont pas toujours le choix. Nous devons en tirer avantage, et être plus proactifs dans notre engagement sur le continent africain. »
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