L’autonomie stratégique de l’UE, une « excellente nouvelle » pour l’Amérique, selon Macron

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Emmanuel Macron prend la parole à l’Elysée le 4 février.

Covid-19 oblige, Emmanuel Macron ne peut se rendre aux Etats-Unis afin d’y rencontrer le président Joe Biden. Il a néanmoins choisi de s’adresser depuis l’Elysée au public ciblé des experts, dont Washington compte une concentration exceptionnelle, afin de faire de la pédagogie à propos de l’autonomie stratégique européenne.

Au cours d’une discussion en anglais avec des invités du centre de réflexion Atlantic Council, diffusée jeudi 4 février, le président français est longuement revenu sur les formes que devrait prendre un lien transatlantique renouvelé.

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Concernant les rapports entre l’Europe et la Chine, principal horizon américain, M. Macron a rejeté deux scénarios. Le premier est celui de « la plus haute conflictualité possible », où l’Union européenne (UE) et les Etats-Unis s’opposeraient frontalement à Pékin. Le second est celui d’une équidistance européenne entre Washington et Pékin, qui « n’a aucun sens », en raison des valeurs partagées avec l’Amérique.

Le président français a relativisé l’importance de l’accord commercial signé récemment entre l’UE et la Chine, qui n’est pas « une énorme affaire » ni « une affaire transformationnelle ».

Humilité et concertation

Le champ prioritaire, après l’éradication espérée du Covid-19, est la lutte contre les inégalités, que la pandémie a aggravées, selon le chef de l’Etat.

Les premiers pas de l’administration Biden sont encourageants : sur la forme, avec une approche faite d’humilité et de concertation, et sur le fond, avec le retour déjà annoncé au sein de l’Organisation mondiale de la santé, de l’accord de Paris sur le climat.

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Pour colmater le multilatéralisme, le chef de l’Etat souhaite toujours l’organisation d’un sommet du « P5 », soit des membres permanents du Conseil de sécurité des nations unies (ONU). Cela n’avait pas été possible en 2020 en raison de la pandémie et du manque d’entrain des pays concernés.

Le président français a défendu l’idée d’autonomie stratégique européenne, qui représente « une excellente nouvelle » pour la relation transatlantique. Les Européens doivent prendre en charge leurs propres intérêts sécuritaires, à l’instar de la lutte contre les groupuscules djihadistes dans le Sahel, estime M. Macron. Dans le passé, « le partage du fardeau (…) n’était pas juste », au sein de l’OTAN. « La relation est devenue progressivement folle », a expliqué le président français : les Européens se réfugiaient sous le parapluie de l’armée américaine, mais devaient en échange se pourvoir en équipements militaires produits de l’autre côté de l’Atlantique. M. Macron avait déjà évoqué cette question de la dépendance aux armements américains, au cours de son déplacement en Lituanie et en Lettonie, fin septembre 2020.

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