[Société] MeTooInceste974 : quand la parole des victimes d’inceste se libère à La Réunion

0
63

[ad_1]

Des témoignages de victimes d’inceste émergent sur la page Facebook MeTooInceste974, créée par le collectif Elianna. 

Oser et dénoncer. Parler et se libérer. Comme en métropole, où les témoignages d’incestes inondent les réseaux sociaux, les terribles récits commencent à émerger à La Réunion.

 

A lire aussi : Ann crie haro sur l’inceste

 

Ils sont regroupés sur la page Facebook MeTooInceste974, créée récemment par le collectif Elianna, qui comprend quinze associations tournées vers les droits et intérêts de l’enfant. 

 

 

“Ils ont bousillé notre vie” 

 

En vidéo ou par écrit, ces témoignages, anonymes ou non, racontent un destin chamboulé, une vie brisée, des douleurs indélébiles. Une “jeune femme de 36 ans”, comme elle se décrit, a franchi le pas. Sur la vidéo tournée grâce à son smartphone, pas de visage mais une voix qui conte l’indicible.

 

 

“J’ai vécu l’inceste durant toute mon adolescence”, affirme-t-elle avec courage. Elle nomme ensuite tout ce qui en découle sur son existence. “Crises d’angoisse, blocage avec les hommes, manque de confiance”.

 

Elle le sait personnellement, “l’inceste peut détruire un couple car chaque fois que tu essayeras de passer un moment intime avec ce conjoint, les souvenirs pourront apparaitre et tu te sentiras obligée de dire à ton partenaire d’arrêter, et lui-même se sentira rejeté.” 

 

#MeTooInceste : les victimes racontent l’horreur sur Twitter

 

Elle termine son message vocal en s’adressant aux femmes victimes. “Ne vous enfermez pas, car c’est quasiment une moitié de vie qui a été prise par des gens qui n’ont rien dans leur tête. Ils ont bousillé notre vie.”

 

“Ça va exploser” 

 

Ne plus avoir honte. Tout lâcher. C’est la démarche faite par Guy, 63 ans. Là encore, un récit bouleversant parsemé d’horreur. Petit garçon, “j’ai vu mon père assis sur sa chaise pantalon et slip sur les genoux et ma soeur Ghislaine assise sur lui. Cette image est restée gravée à jamais dans ma mémoire. A 8-9 ans on se réalise pas, n’analyse pas, ce que l’on a vu alors n’ayant aucune idée de la sexualité, c’est quelques années plus tard que j’ai réalisé et me suis mis à détester cet homme jusqu’à le haïr.” 

 

A lire aussi : “Écrire a été ma thérapie”

 

Ces prises de parole vont et doivent se multiplier ici aussi, pense Michèle, porte-parole du collectif Elianna, du nom de la fillette de 2 ans tuée chez elle, le 28 mars 2018 à Saint-André. “Ça va exploser, les gens vont sortir de leur silence”, avance-t-elle. Elle regrette le peu de chiffres officiels existants sur le phénomène à La Réunion, mais elle affirme qu’ils sont alarmants. 

 

Une table ronde et des ronds exigés 

 

C’est pour “soutenir les victimes” que le collectif est né. C’est pour faire bouger les lignes dans la société qu’il vit. “On a des demandes sérieuses derrière cette page Facebook, plante la porte-parole. On demande à rencontrer monsieur Melchior afin d’organiser une table ronde sur la protection de l’enfance, au même titre que celle organisée pour la violence faite aux femmes.”

 

 

Pour elle, il s’agit d’une évidence : amener les différents acteurs de la protection de l’enfance à échanger ne peut qu’améliorer la prise en charge des victimes. Même si tout reste difficile sans moyen additionnel, ce que le collectif réclame aussi.

 

“Osez libérer la parole”

 

“Sur le terrain, on en a marre d’entendre “on n’a pas les moyens”, s’agace Michèle, qui pointe par ailleurs, selon elle, des décisions pas toujours assez sévères de la part de la justice envers les coupables. On attend parfois 4 heures à la gendarmerie pour porter plainte. Il n’y a aucun protocole prévu pour l’enfant, comme cela existe pour la femme battue. On devrait avoir un service dédié !” 

 

A lire aussi : Violences sexuelles sur mineurs: “aucun répit aux agresseurs”, assure Macron

 

Ecran voilé. Une voix douce d’une “femme de 38 ans”, violée depuis l’âge de 6 ans par son oncle, se fait entendre. Sur la page Facebook MeTooInceste974, elle affirme avoir trouvé la force de porter plainte l’an passé. “Brisée à vie”, cette dernière s’est “sentie très longtemps coupable mais je sais que c’était lui l’adulte et moi l’enfant. Je veux dire à toutes celles et ceux qui ont subi l’inceste d’oser libérer la parole parce qu’il faut arrêter ce fléau. Bon courage à tous.” 

 

Kilian Kerbrat

 

 

[ad_2]

Source link

clicanoo

Have something to say? Leave a comment: