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Lors du procès en appel concernant les trop gros revenus perçus par le maire de Saint-Philippe lors de ses mandats publics et pour voir bénéficié sans respecter les procédures légales d’un permis de construire dans sa propre commune, l’avocat général requiert douze mois de prison avec sursis, 20 000 euros d’amende et trois ans d’inéligibilité. La décision sera rendue le 25 mars.
Poursuivi en correctionnelle en octobre dernier le maire de Saint-Philippe et vice-président de la Région, Olivier Rivière avait été condamné par le tribunal correctionnel de Saint-Pierre à six mois de prison avec sursis avec la privation du droit d’éligibilité pendant trois ans. Des faits qualifiés de concussion et de prise illégale d’intérêts.
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Selon un signalement de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), Olivier Rivière avait touché en 2018 un total de 143 248 euros grâce à ses indemnités de maire de Saint-Philippe, de vice-président de la Région, de vice-président de la CaSud, et son salaire de 6 800 euros brut mensuel de PDG de la société d’économie mixte locale Nexa. Or, le plafond autorisé était de 100 796 euros. Sur les trois années, l’élu a perçu 75 578 euros en trop, selon la prévention. Olivier Rivière a indiqué à l’audience qu’il a déjà remboursé 30 595 euros pour se conformer à la loi. “J’ai déclaré tous mes revenus en temps et en heure”, a dit l’élu en affirmant n’avoir voulu tromper personne.
Le maire de Saint-Philippe avait également été sanctionné pour avoir bénéficié d’un permis de construire le 4 mars 2016 en passant par son adjoint, Joël Damour, qui disposait d’une délégation de signature. Une mesure de déport insuffisante au regard de la loi pour respecter les principes de l’intérêt général. C’est le conseil municipal qui aurait dû être saisi. Pour sa défense, l’élu a expliqué que c’est son architecte qui “s’est occupé des demandes” et son épouse qui était “investie dans ce projet”. Olivier Rivière a affirmé aussi avoir demandé son avis au sous-préfet de l’époque, Vincent Lagoguey, lors d’une visite protocolaire, et que celui-ci ne lui aurait pas fait part de critiques.
Dans ses réquisitions, la procureure de Saint-Pierre, Caroline Calbo, avait alors souligné : “Tout élu doit être transparent et doit rendre des comptes. Il ne doit pas être guidé par un sentiment d’impunité et de toute puissance.” Selon la magistrate, l’élu ne peut s’affranchir de ses responsabilités et de la notion de probité qui est “très personnelle”. S’agissant du permis de construire, la procureure considère qu’“un maire se doit d’être exemplaire et doit mettre de côté ses intérêts personnels. M. Rivière savait qu’il y avait un problème mais il ne s’est pas renseigné plus que ça.”
L’élu et son avocat, Me Djalil Gangate, avaient décidé de faire appel. Le procès s’est déroulé ce jeudi 28 janvier. La décision sera, quant à elle, rendue le 25 mars.
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