à Rotterdam, la réponse policière massive face aux émeutes contre le couvre-feu lié au Covid-19

0
53

[ad_1]

Une station de tram, le 26 janvier à Rotterdam.

Ils sont une dizaine d’ados adossés au mur d’un bâtiment sale. Ils crânent en observant pendant de longues minutes le déploiement de l’arsenal policier sur le Beijerlandselaan, large boulevard des quartiers sud de Rotterdam (Pays-Bas).

Trois heures avant le clap du couvre-feu – de 21 heures à 4 h 30 du matin – et après trois soirées d’émeutes, le déploiement policier est impressionnant, mardi 26 janvier. Par ordre d’entrée en scène, la police antiémeute, puis les fourgons cellulaires, la police montée, qui descend sur le tracé de la ligne de tramway, et toujours massif, le canon à eau qui trône au centre de l’avenue, grisâtre char de carnaval, qui ce soir restera inutile.

En quelques secondes, les brigades mobiles fondent sur les ados. Ils ne sont plus qu’une volée d’étourneaux qui s’engouffre en courant dans une rue adjacente, aussitôt barrée de deux véhicules de police. D’autres émeutiers ont pris une avenue plus large et lancent quelques pétards, puis font claquer deux feux d’artifice.

« Hier, c’était presque mieux, plaisante Joris, casquette, baskets et sac à dos, qui comme tous les soirs rentre du boulot en coupant par les quartiers de Rotterdam-Sud, il y avait beaucoup plus de feux d’artifice. » Si la tension est moins palpable que la veille, « ils jouent au chat et à la souris, et là, ça recommence ! ».

« Hier, c’était le chaos et la casse »

Aux fenêtres éclairées, on aperçoit les visages inquiets, ou curieux. « Partez ! Aller voir ailleurs ! », lancent un groupe d’hommes perché sur le balcon d’un immeuble à l’adresse des brigades mobiles, menaçant de leurs matraques ceux qui sont sur leur trajectoire. La police antiémeute balaye, à la lumière des projecteurs, les trottoirs sombres de l’avenue. Trois garçons, masque chirurgical sur le nez, sont interpellés, contrôlés, puis libérés. Des journalistes belges filment la scène. Quatre hommes, pantalons de jogging et casquette sont interpellés dans leur voiture, puis plaqués contre la Fiat. Un cinquième est illico débarqué d’un autre véhicule pour avoir insulté l’un des policiers.

Lors d’une patrouille à Rotterdam, le 26 janvier.

Dix-sept personnes ont été arrêtées à Rotterdam entre 18 heures et 21 heures, l’heure du couvre-feu, et au total trente-trois dans la nuit. Elles s’ajoutent aux 400 qui ont été incarcérées depuis le début des violences, à la suite de la décision du gouvernement d’imposer un couvre-feu, alors que depuis le 15 décembre 2020 de nombreuses mesures, dont la fermeture des écoles, ont été imposées pour lutter contre la pandémie qui a fait au moins 13 650 morts aux Pays-Bas.

Il vous reste 59.33% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

[ad_2]

Source link

Have something to say? Leave a comment: