L’Equateur se prépare à des élections présidentielles dans un paysage politique fragmenté

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Andrés Arauz est le candidat du parti Fuerza Compromiso Social à l’élection présidentielle en Equateur, le 6 janvier à Quito.

Après la Bolivie, la gauche s’apprête-t-elle à revenir en Equateur ? Ce pays sud-américain doit se rendre aux urnes le 7 février. Seize candidats ont été retenus pour le scrutin présidentiel, dont le premier tour aura lieu en même temps que les élections législatives qui renouvelleront les 137 membres de l’Assemblée nationale. Ce paysage politique fractionné reste marqué par la figure de l’ancien président Rafael Correa, qui habite désormais en Belgique et reste l’ombre titulaire de la gauche équatorienne, près de quatre ans après son départ.

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Les derniers sondages n’indiquent pas de favori évident. Andrés Arauz, soutenu par Rafael Correa, est en tête des intentions de vote, à 37 % selon le sondage de l’institut Market. Son espoir est de gagner dès le premier tour, en remportant 40 % des suffrages et 10 points d’avance sur le candidat suivant. Derrière lui figure le banquier et homme d’affaires Guillermo Lasso, issu du mouvement libéral-conservateur CREO, à 30 %. Le leader et militant indigène Yaku Pérez arriverait troisième et affiche 10 % des intentions de vote. Toutefois, à trois semaines des élections, près d’un électeur sur deux n’aurait pas encore arrêté son choix, et les sondages affichent des fluctuantes variables entre les candidats.

Il y a quatre ans, l’actuel président, Lenin Moreno, était le candidat de l’Alianza Pais, la coalition de gauche fondée par Rafael Correa. Dès sa prise de pouvoir en avril 2017, il annonce pourtant 2 milliards de dollars (1,65 milliard d’euros) de coupes budgétaires, procède à la privatisation d’un certain nombre d’entreprises publiques et promulgue des réformes parrainées par le Fonds monétaire international (FMI). Des mesures qui l’ont fait rompre tout lien avec son mentor et entrainés son exclusion du parti qui l’a fait élire. Aujourd’hui, la candidate d’Alianza Pais, Ximena Peña, n’atteint pas 1 % des intentions de voix.

Correa au centre de l’élection

Rafael Correa a pour sa part été empêché de se présenter en raison de sa condamnation à huit ans de prison pour corruption, et ne figure sur aucun bulletin de vote. Il est pourtant l’un des grands protagonistes de cette élection. Au pouvoir de 2007 à 2017, ce « socialiste du XXIe siècle » autoproclamé polarise encore l’opinion nationale et sert de repoussoir à ses opposants, qui mettent en avant la menace de son retour.

« Pour Andrés Arauz, la meilleure opportunité est de gagner dès le premier tour, explique Christophe Ventura, directeur de recherche à l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS). S’il y a un deuxième tour, les réservoirs de voix pour les corréistes sont beaucoup plus réduits. A l’inverse, Guillermo Lasso, qui est le candidat de la droite à toutes les élections depuis quinze ans et qui représente la bourgeoisie économique de Guayaquil, peut tenter de fédérer toutes les oppositions au corréisme. »

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