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Narendra Modi avait promis de mettre à disposition de « l’humanité tout entière » les capacités de production de son pays en matière de vaccin. Le premier ministre indien est en train de réaliser sa promesse, en livrant ses premières cargaisons commerciales – le Brésil a reçu 20 millions de doses vendredi 22 janvier –, mais surtout en distribuant gratuitement à ses voisins d’Asie du Sud des millions de doses de Covishield, le vaccin du britannique AstraZeneca développé par Oxford et fabriqué en Inde par le Serum Institut of India, le premier producteur mondial de vaccins. Vingt millions de doses vont être offertes.
L’initiative, qui entre dans la politique du « neighbourhood first » (« le voisinage en premier ») de Modi, a débuté le 20 janvier. Quelque 100 000 doses ont été déjà envoyées aux Maldives, 150 000 au Bhoutan, 1 million au Népal, 2 millions au Bangladesh, 1,5 million en Birmanie. Le pays a même réservé 100 000 doses pour l’île Maurice, 50 000 pour les Seychelles, qui rassemblent une importante communauté d’expatriés indiens. L’Afghanistan et le Sri Lanka seront également servis.
Seul le Pakistan, l’ennemi historique, ne figure pas sur la liste des bénéficiaires. « Nous n’avons pas reçu de demande », a assuré le porte-parole du ministère des affaires étrangères. Le Pakistan espère recevoir 500 000 doses de la Chine d’ici au 31 janvier.
Guerre commerciale avec Pékin
C’est bien une compétition avec la Chine qui se joue derrière cette campagne de dons. New Delhi a pris un temps d’avance sur Pékin, dont le vaccin, CoronaVac, suscite des réticences. A travers sa diplomatie du vaccin, Narendra Modi espère bien retisser des liens avec ses voisins, distendus à cause du poids grandissant de la Chine dans la région. Au cours de ces dernières années, l’Inde n’a pas réussi à contrecarrer les investissements massifs de Pékin dans la construction de ports, de routes ou encore de centrales électriques au Sri Lanka, au Bangladesh et surtout au Pakistan.
Depuis avril, les deux géants asiatiques se livrent dans les montagnes du Ladakh un combat sans merci pour défendre une ligne de démarcation esquissée en 1962 mais dont le tracé reste contesté. Jouant sur ces tensions, ainsi que sur la responsabilité de la Chine dans l’épidémie de Covid-19, Narendra Modi a engagé son pays dans une guerre commerciale avec Pékin. Il a appelé au boycott des produits chinois et interdit des centaines d’applications chinoises pour smartphone, comme WeChat et Tik Tok.
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