Cigarette électronique : entre prudence et innovation

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E-cigarette : entre la R&D et la prudence des autorités sanitaires
Depuis son invention au début des années 2000 du côté de l’Empire du Milieu, la cigarette électronique est passée par tous les états : un espoir pour la lutte contre le tabagisme, un objet high-tech à la pointe de la technologie, puis un sujet à controverse sur le plan sanitaire. Aujourd’hui, l’e-cigarette est sans doute un peu de tout cela. Quoi de neuf dans la galaxie du vapotage ?

E-cigarette : la (nouvelle) position de l’Académie nationale de médecine et la Haute autorité de santé

En France, 25 % de la population fume quotidiennement. C’est en tout cas ce qui ressort du Baromètre Carnet de Santé réalisé par Odoxa fin 2019. La moitié d’entre eux « cherchent activement à arrêter », avec un succès relatif. Il faut dire que la nicotine n’accorde pas de répit. Pour arpenter le long chemin sinueux du sevrage tabagique, le fumeur peut compter sur les patchs, les gommes à mâcher, les comprimés à sucer et la thérapie. Quid de la cigarette électronique ? Nous nous garderons d’apporter une réponse tranchée… mais nous allons vous citer l’Académie nationale de médecine, qui est sortie de son silence le 12 décembre 2019 par un communiqué de presse laconique. Extrait : « Il est établi que la vaporette est moins dangereuse que la cigarette : comme l’a indiqué l’Académie nationale de médecine dès 2015, il est donc préférable pour un fumeur de vapoter ». Et à la Haute autorité de santé (HAS) de renchérir : « [la cigarette électronique] est une aide pour arrêter ou réduire la consommation de tabac des fumeurs ».

Mais il y a un bémol. Pour qu’il ait du sens, le vapotage doit être abordé comme une phase transitoire, pendant laquelle l’ex-fumeur puise ses besoins en nicotine sans inhaler les substances toxiques du tabac consumé comme le goudron et le monoxyde de carbone. Autre condition : opter pour un apport dégressif en nicotine, jusqu’à réussir le pari d’une vie exempte de cette substance terriblement addictive. Et ça, les marques l’ont bien compris, puisqu’elles migrent progressivement vers un marketing plus responsable, tranchant avec la communication « funky » des débuts. Objectif : éloigner les non-fumeurs du vapotage et repositionner l’ecigarette en tant qu’outil temporaire d’aide au sevrage.

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L’innovation au service de la santé publique

Ce nouveau parti pris a poussé les mastodontes du vapotage comme Joyetech, Juul, Smok ou encore Aspire à investir dans la R&D. Curieusement, c’est une petite startup française du Grand Est, Enovap, qui a réalisé la plus grande percée en la matière. La jeune pousse troyenne a en effet inventé la toute première cigarette électronique intelligente qui ajuste automatiquement la concentration en nicotine pour favoriser un sevrage doux et progressif. Juul, géant américain de la cigarette électronique, annoncera dans la foulée le lancement imminent d’un modèle basé sur l’IA, encore plus ambitieux, avec un ajustement intelligent de la concentration nicotinique du e-liquide vapoté par l’ex-fumeur. La course est lancée !

Mais l’innovation n’est pas seulement technologique. Elle est aussi logistique. Pour pallier les approximations et le flou artistique autour de la composition chimique des e-liquides vapotés par les Français, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) a lancé une base de données accessible à tous répertoriant la composition de TOUS les e-liquides commercialisés dans l’Hexagone. L’objectif est double : informer les consommateurs, mais aussi et surtout assurer une traçabilité rigoureuse pour agir en cas de problème. L’enjeu est majeur, car l’écrasante majorité des contretemps sanitaires liés à la cigarette électronique est causée par un mésusage du dispositif, ou à l’utilisation d’e-liquides frelatés.

L’outil développé par l’Anses est une réponse directe (et pertinente) à l’épisode « Evali », une pneumonie mystérieuse qui avait touché de nombreux vapoteurs au Texas et en Californie. Les autorités sanitaires américaines avaient dans un premier temps incriminé le concept même de la cigarette électronique. Des analyses ultérieures ont par la suite démontré que les patients touchés avaient vapoté un e-liquide périmé, contenant des huiles de cannabis et de l’acétate de vitamine E, une substance interdite dans la majorité des pays du monde. « Ce détournement est la cause principale de cette épidémie américaine », a expliqué l’Académie nationale de médecine.



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