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Ce n’était pas un adieu, mais un au revoir. « Nous serons de retour, sous une forme ou une autre », a expliqué Donald Trump, mercredi 20 janvier au matin, sur la base d’Andrews (Maryland), juste après avoir quitté définitivement la Maison Blanche, sans croiser son successeur Joe Biden. Direction Palm Beach, dans son golf de Mar-a-Lago en Floride, à bord d’Air Force One. Quelque 250 partisans s’étaient rassemblés sur le trajet présidentiel en Floride, juste avant un pont qui mène à l’île de Palm Beach, pour rendre hommage au président sortant. Enthousiastes, de bonne humeur.
Que ce soit après ses déclarations sur les femmes qu’il suggérait de « prendre par la chatte » révélées en 2016, sur les « gens biens » dans les rangs des suprémacistes, comme en face, lors des émeutes de Charlottesville (Virginie) qui firent une morte écrasée par un néonazi, à chaque fois on a cru Trump définitivement touché. A tort. L’assaut du Capitole ne fait pas exception, en tout cas pas auprès de ses indéfectibles partisans.
« Cette élection était frauduleuse »
Margherita Downey, avocate de Floride, rappelle qu’elle avait fait le déplacement à Washington ce 6 janvier : « Trump avait commencé son discours une heure en retard. On a marché dans le froid de l’obélisque au Capitole, c’est long. On ne savait même pas qu’il y avait une émeute. Si vous y étiez vous le savez ! Il y avait des gaz lacrymogènes, mais la police ne nous a jamais dit qu’il y avait une émeute, sinon je serais retourné à mon bus ». Insensiblement, à partir de cette expérience vécue personnellement, son amie Catalina Ionita, médecin de 56 ans, bascule dans une théorie complotiste. « Le Capitole, c’était organisé par les Antifas et les Blacks Live Matters », jure-t-elle alors qu’absolument rien n’en atteste.
Le Capitole n’a donc pas scellé la réputation de Donald Trump et le camp d’en face fait, comme toujours, figure d’accusé : « Les Démocrates sont des hypocrites : ils n’ont pas dénoncé les émeutes de l’été dernier », accuse Myriam Valencia, ingénieure retraitée originaire du Mexique, à propos des événements ayant suivi la mort de l’Afro-Américain George Floyd, étouffé, fin mai, par un policier blanc de Minneapolis (Minnesota).
Les partisans de Donald Trump continuent de croire dur comme fer aux élections volées. « Cette élection était frauduleuse, tout le monde le sait », lance Catalina Ionita. « En Floride, Trump a gagné car il n’y a pas eu de fraude », prétend Mae Kingston, venue avec ses amis. Les réseaux sociaux sont accusés d’avoir censuré le républicain et les médias sont dans le collimateur, notamment CNN, qualifié d’« ennemi du peuple ». « Tout ce qu’ils font, c’est attiser la haine », accuse Deborah Tomarin, coiffée d’une casquette contre la chaîne d’information. Si Fox News, la chaîne conservatrice a l’heur de lui plaire, ce n’est pas le cas pour un homme qui harcèle un journaliste de la chaîne du groupe Murdoch venu couvrir l’événement. « C’est un type de Fox, il hait Trump », accuse l’homme qui refuse de donner son nom.
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