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« Frapper fort », tel fut le slogan de Janet Yellen, 74 ans, future secrétaire au Trésor de Joe Biden, lors de son audition par la commission des finances du Sénat, mardi 19 janvier, à la veille de l’investiture du président démocrate. Ainsi, l’ancienne présidente de la Réserve fédérale a défendu le programme de relance de 1 900 milliards de dollars (1 560 milliards d’euros, près de 10 % du produit intérieur brut) proposé par Joe Biden, après les 2 900 milliards de dollars votés sous Donald Trump.
Tant pis pour l’endettement, même si Mme Yellen s’est dite consciente, avec Joe Biden, du « fardeau de la dette du pays ». Ainsi, l’argent va couler à flots aux Etats-Unis, Joe Biden et Janet Yellen ne voulant pas réitérer l’erreur commise selon eux dans la foulée de la crise financière de 2008, lorsque le soutien à l’économie avait été réduit prématurément. Les républicains s’en sont inquiétés. « Quand est-ce que cela devient trop ? Quand est-ce qu’on atteint le point où cela s’effondre ? Cela ne soucie plus personne dans les deux partis », a déploré le sénateur républicain du Dakota du Sud John Thune.
Mais au lieu des diatribes véhémentes de l’époque Obama, chacun se résignait à cette politique ultra-accommodante engagée sous Donald Trump, tandis que les débats se sont déroulés dans une sérénité retrouvée. Parce que les compétences de Janet Yellen, économiste du travail et ancienne présidente de la Réserve fédérale américaine, sont incontestées. Parce que le sujet avait été largement éventé, jeudi 14 janvier, avec l’annonce du plan de relance par Joe Biden. Parce que les auditions avaient lieu souvent à distance : Mme Yellen était auditionnée de chez elle, comme de nombreux sénateurs et sénatrices, devant leur réfrigérateur ou leur cheminée, interrompus parfois par le téléphone mal éteint. Enfin, après des années de détestation, il y avait une sorte de trêve courtoise entre républicains et démocrates, qui ont vanté à plusieurs reprises la collaboration « transpartisane ».
Plus « “Main Street” que Wall Street »
La confirmation de Mme Yellen, qui ne fait aucun doute, pourrait intervenir dès jeudi. L’impétrante s’est autorisée à expédier son propos liminaire en cinq minutes, dont l’essentiel consista à évoquer l’empathie de son père, médecin généraliste, pour les travailleurs de Brooklyn après la Grande Dépression des années 1930.
Pour justifier sa politique, Mme Yellen a estimé que, sans relance supplémentaire, « nous prenons le risque d’avoir une récession plus douloureuse et plus longue ». L’indicateur à surveiller ne serait plus le niveau absolu de la dette ou des déficits, mais la charge des intérêts, qui a baissé depuis deux décennies en raison de la baisse durable des taux. Ses propos ont entraîné une hausse de la Bourse américaine. Mme Yellen a insisté à plusieurs reprises sur la nécessité d’investir dans l’avenir et les infrastructures, les technologies propres, pour renforcer la compétitivité du pays, et de venir à court terme en aide aux plus pauvres. Son souci est plus « “Main Street” que Wall Street », l’Amérique laborieuse plutôt que la finance.
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