A la frontière franco-espagnole, points de passage fermés et contrôles accrus

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Publié aujourd’hui à 01h48, mis à jour à 01h49

Des blocs de béton barrent la route entre la France et l’Espagne, sur des axes départementaux ou des chemins de montagne. Depuis le 11 janvier en Occitanie, et le 14 janvier en Nouvelle-Aquitaine, au Pays basque, une quinzaine de passages dans les deux sens sont ainsi fermés à la circulation, hormis pour les poids lourds, les travailleurs transfrontaliers et quelques habitants.

La mesure, officiellement prise pour « lutter contre la menace terroriste, la lutte contre les trafics et la contrebande (drogue, cigarettes, alcools…) mais aussi contre l’immigration clandestine », avait été annoncée le 5 novembre 2020 par le président de la République, Emmanuel Macron, en visite surprise au Perthus, poste-frontière des Pyrénées-Orientales. Dans ce département, cinq des douze points de passage sont ainsi obstrués. Dans les Pyrénées-Atlantiques, les mêmes restrictions concernent neuf points, notamment autour d’Hendaye, et ce pour « une durée illimitée ».

C’est la première fois depuis la création de l’espace Schengen, en 1985, et les accords de libre circulation, que les frontières françaises se referment à aussi grande échelle. Il s’agit de réduire le nombre de points de passage pour mieux canaliser et contrôler les flux passants. Une décision élaborée en concertation avec la direction générale des étrangers en France, du ministère de l’intérieur, et les communautés autonomes d’Aragon, de Catalogne, de Navarre et d’Euskadi.

La police aux frontières contrôlant les véhicules traversant la frontière franco-espagnole, à Cerbère (Pyrénées-Orientales), le 15 janvier.

« Nous avons reçu rapidement de nombreux renforts pour surveiller, et surtout pour renforcer les contrôles aux endroits où va se concentrer la circulation : principalement à la barrière de péage du Boulou et à Cerbère sur la côte », précise Etienne Stoskopf, préfet des Pyrénées-Orientales. Ainsi, en Occitanie, les renforts supplémentaires, dont une compagnie de CRS, un escadron de gendarmes mobiles, des éléments de la police aux frontières (PAF) et des effectifs de l’armée de l’opération « Sentinelle », sont postés ou patrouillent. Période de Covid-19 oblige, la Catalogne a par ailleurs interdit l’entrée sur son territoire aux touristes venant de France.

Recherche des passeurs

Au péage, sur l’autoroute A9, côté français du Boulou, situé à une quinzaine de kilomètres à peine de la frontière du Perthus, la PAF voit passer, l’été, près de 30 000 véhicules par jour. « En ce moment, c’est plutôt 2 000 à 3 000 », constate un commandant, qui souhaite garder l’anonymat. « Nous avons doublé notre potentiel de contrôles et nous sommes toujours présents vingt-quatre heures sur vingt-quatre, depuis les attentats de 2015 », précise-t-il. La PAF, dont la mission est de contrôler les flux de passagers, contrairement aux douaniers, qui se concentrent sur les marchandises, compte désormais 400 fonctionnaires dans les Pyrénées-Orientales et l’Aude.

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