Alexeï Navalny, sur le point de rentrer en Russie, appelle ses partisans à se rassembler pour l’accueillir

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Alexeï Navalny, en février 2020, à Moscou.

L’opposant russe Alexeï Navalny prévoit de revenir à Moscou, dimanche 17 janvier, après plusieurs mois de convalescence en Allemagne où il se remettait d’une tentative d’empoisonnement, un retour en dépit des menaces d’arrestation quasi immédiate brandies par la justice russe.

Depuis que le pire ennemi du président Vladimir Poutine a annoncé, mercredi, son intention de rentrer dans son pays, les services pénitentiaires l’ont mis en garde et assuré qu’ils seraient « obligés » de l’arrêter pour avoir violé les conditions d’une peine de prison avec sursis dont il a écopé en 2014. Selon eux, quand il était en Allemagne, Alexeï Navalny n’a pas respecté son obligation de pointer au moins deux fois par mois à l’administration pénitentiaire.

Benoît Vitkine est le correspondant du Monde à Moscou.

L’opposant est aussi visé depuis fin décembre par une nouvelle enquête pour fraude, soupçonné d’avoir dépensé pour son usage personnel 356 millions de roubles (3,9 millions d’euros) de dons.

Alexeï Navalny, 44 ans, a balayé ces manœuvres visant, selon lui, à « l’effrayer » et appelé au contraire ses partisans à venir l’accueillir à l’aéroport moscovite de Vnoukovo, où son avion doit atterrir à 19 h 20 (17 h 20, heure française).

Article réservé à nos abonnés Lire aussi L’opposant russe Alexeï Navalny veut tenter son grand retour à Moscou

Une épine dans le pied du Kremlin

Plus de 2 000 personnes ont d’ailleurs annoncé sur Facebook leur intention de venir l’accueillir, et la justice a mis en garde contre la participation à tout « événement public » non autorisé. Des militants qui devaient rejoindre Moscou depuis Saint-Pétersbourg pour accueillir l’opposant ont été stoppés par la police avant leur départ, selon les médias.

Des groupes nationalistes hostiles à M. Navalny ont, eux, menacé de l’accueillir avec de la « zelionka », antiseptique à la couleur verte difficile à nettoyer, dont l’opposant avait déjà été aspergé par le passé.

L’aéroport de Vnoukovo a déclaré qu’il n’autoriserait pas les médias à travailler dans le terminal, officiellement à cause de la pandémie de coronavirus. Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux ont montré la police antiémeute postée à l’extérieur.

Pour les experts, le retour annoncé d’Alexeï Navalny est une épine dans le pied du Kremlin : le laisser libre serait une démonstration de faiblesse, l’emprisonner risquerait de provoquer un nouveau scandale.

Lire l’éditorial : Le retour d’Alexeï Navalny en Russie, un défi à Poutine, une leçon pour l’Europe

Le Monde avec AFP



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