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Quinze ans après les dernières élections nationales palestiniennes, le président Mahmoud Abbas a fini par publier, vendredi 15 janvier au soir, un décret qui fixe la tenue d’élections législatives puis présidentielle dans les territoires palestiniens. Sauf annulation encore éminemment possible, ces scrutins doivent se tenir le 22 mai puis le 31 juillet. Ils seront suivis le 31 août par le renouvellement du conseil national de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), l’organe représentatif des Palestiniens dans les territoires et en exil – un vote qui devra se tenir en Palestine et autant que faire se peut à l’étranger.
Cette annonce était attendue depuis des mois, alors que le parti présidentiel, le Fatah, et le Hamas, au pouvoir dans l’enclave de Gaza, avaient relancé leurs négociations. Mais M. Abbas seul en tenait la clé, et repoussait la publication du décret fixant un calendrier. Début janvier, le Hamas avait paru lever son exigence de voir les deux scrutins se tenir conjointement, au profit d’une rapide succession de l’un à l’autre, lors de pourparlers facilités par l’Egypte, le Qatar et la Turquie. Vendredi, la formation islamiste a salué le décret présidentiel et exprimé sa « forte volonté de faire de cette obligation un succès ».
En privé, une partie des responsables palestiniens, comme nombre d’observateurs, avaient fini par se persuader que des élections étaient impossibles du vivant de M. Abbas, 85 ans. Elu pour un mandat de quatre ans en 2005, à la fin de la seconde intifada et après la mort de Yasser Arafat, M. Abbas a depuis lors exercé un pouvoir de plus en plus solitaire, à la tête d’une Autorité palestinienne (AP) dont la légitimité n’a cessé de se dégrader. Une majorité de Palestiniens, de par leur jeune âge, n’a jamais pris part à une élection nationale.
Relégitimer l’Autorité palestinienne
Cependant, l’administration américaine de Donald Trump a rebattu les cartes, en passant par pertes et profits le projet national palestinien, et en encourageant depuis 2016 les exigences maximalistes de la droite israélienne. Cette entreprise a culminé avec la normalisation, depuis juillet, des relations de l’Etat hébreu avec des pays arabes – Emirats arabes unis, Bahreïn, Soudan, Maroc –, dans un mouvement qui promet de s’élargir encore. La perte de ces soutiens a été un choc pour l’Autorité palestinienne, qui ne pouvait plus se contenter d’attendre un éventuel retour à la « normale » après l’alternance américaine.
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