En Allemagne, la délicate succession de Merkel à la CDU, sur fond de pandémie

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Les trois candidats à la tête de la CDU. De gauche à droite : Norbert Roettgen, Armin Laschet et Friedrich Merz, le 17 octobre à Berlin.

Enfin. Après avoir été deux fois différée depuis le début de l’épidémie de Covid-19, l’élection du nouveau président de l’Union chrétienne-démocrate (CDU) va finalement avoir lieu, samedi 16 janvier, à l’occasion d’un « congrès digital » que les 1 001 délégués du parti suivront à distance en raison de la crise sanitaire. Un format inédit pour un scrutin d’une importance capitale, puisque le vainqueur pourrait être le futur chef de file des conservateurs aux élections législatives du 26 septembre, et donc le possible successeur d’Angela Merkel au poste de chancelier fédéral.

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Parmi les trois candidats en lice – trois hommes de la même génération, catholiques, chacun père de trois enfants et tous originaires de Rhénanie-du-Nord-Westphalie (RNW), à l’ouest du pays −, aucun ne fait réellement figure de favori. Selon un sondage réalisé les 4 et 5 janvier auprès des sympathisants de la CDU, l’ancien député Friedrich Merz recueillerait 29 % des voix, devant Armin Laschet, chef du gouvernement régional de RNW, et Norbert Röttgen, président de la commission des affaires étrangères du Bundestag, à égalité à 25 %. Mais la valeur d’un tel sondage est limitée : samedi, ce ne sont que les 1 001 délégués du parti (élus, secrétaires de section, organisations affiliées) qui voteront, autrement dit un corps électoral très restreint qui a prouvé, dans le passé, qu’il pouvait réserver des surprises.

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Si M. Merz l’emporte, ce serait un petit séisme politique. Fin 2018, il avait déjà tenté de succéder à Mme Merkel quand celle-ci, après dix-huit ans à la tête de la CDU, en avait quitté la présidence. Alors président du conseil de surveillance de la branche allemande de BlackRock, le principal fonds de gestion de fortunes du monde – poste qu’il a abandonné depuis –, il avait perdu de justesse face à Annegret Kramp-Karrenbauer, la candidate de la chancelière. S’il est élu samedi, ce sera sa revanche, mais surtout le signe que la base du parti veut un profond changement, de style comme de positionnement.

Trois personnalités

Vieux rival de Mme Merkel, qui l’a délogé de la présidence du groupe CDU-CSU du Bundestag en 2002, M. Merz n’a jamais caché ses désaccords avec la chancelière, notamment sur sa politique d’accueil des réfugiés. Orateur brillant, cet homme d’affaires de 65 ans au visage émacié estime que la CDU a perdu son identité en se rapprochant trop du centre, et qu’elle doit redevenir « la maison politique des conservateurs traditionnels » qui s’en sont éloignés, ces dernières années, notamment au profit du parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD).

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