Les puces électroniques, talon d’Achille de l’industrie chinoise

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Stand Tsinghua Unigroup, entreprise d’Etat lancée en 1988 pour faire progresser l’industrie chinoise des puces, à Nanjing (Chine), le 26 août 2020.

Les milliards investis par la Chine suffiront-ils à bâtir une industrie nationale des semi-conducteurs ? Cela paraît difficile, alors que les Etats-Unis font tout leur possible pour en empêcher le développement et, partant, conserver leur avance dans ce secteur stratégique. Le 18 décembre 2020, le département américain du commerce a placé Semiconductor Manufacturing International Corporation, ou SMIC, sur sa liste noire. Le leader chinois des puces électroniques devra obtenir une autorisation pour importer tout produit, machine, ou logiciel américain. De quoi compliquer les efforts de Pékin, qui misait beaucoup sur SMIC, entreprise en partie détenue par l’Etat, pour réaliser son rêve d’autosuffisance technologique.

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Toutefois, les autorités chinoises ne baissent pas les bras, tant s’en faut. Face à la pression américaine, le ministère de l’industrie et des technologies de l’information a annoncé, le 11 septembre 2020, une enveloppe de 710 milliards de yuans (90 milliards d’euros) pour soutenir 105 projets de développement industriel dans le secteur. Auparavant, les investisseurs et les entreprises chinois se ruaient déjà sur ce secteur, flairant les subventions.

Sur les trois premiers trimestres de 2020, 13 000 sociétés ont été créées dans les semi-conducteurs, d’après des données de Qichacha, un site d’information sur les entreprises. C’est deux fois plus, en moyenne, qu’en 2019. Parmi les nouveaux arrivants, un fabricant de composants automobiles et une entreprise de plats de fruits de mer, notait le Financial Times, le 13 octobre 2020.

Secteur essentiel

Des médias d’Etat chinois évoquent même le « grand bond en avant des semi-conducteurs ». Une expression chargée d’histoire et qui n’augure rien de bon : lancé en 1958, le projet économique et social avait échoué, menant à la plus grande famine du XXe siècle. Les premiers efforts de la Chine pour mettre en place son industrie des semi-conducteurs ont commencé sous le règne de Mao Zedong, l’instigateur du Grand Bond en avant. Sans succès.

Si la Chine est, de loin, le pays qui fabrique le plus de matériel électronique, elle importe 80 % de ses puces

Plus récemment, si des entreprises chinoises ont émergé, elles restent au moins, en matière de technologies, quatre à cinq ans derrière les leaders taïwanais, TSMC, et coréen, Samsung. Dans son plan Made in China 2025, la Chine s’était déjà fixé des objectifs ambitieux, à savoir produire 40 % des semi-conducteurs dont elle a besoin en 2020, et 70 % en 2025. Pékin avait accompagné ce plan de fonds importants : plus de 120 milliards d’euros d’investissements entre les gouvernements centraux et locaux. En 2020, cependant, il n’a produit que 18 % de ses puces.

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