Un Américain exécuté par les autorités fédérales, à six jours du départ de Donald Trump

0
64

[ad_1]

Manifestation contre l’exécution de Corey Johnson, près du complexe correctionnel fédéral, le 14 janvier, à Terre Haute dans l’Indiana.

Les autorités fédérales américaines ont exécuté jeudi un ex-trafiquant de drogue condamné à la peine capitale pour une série de meurtres et prévoient une dernière exécution, vendredi 15 janvier, à cinq jours du départ de Donald Trump de la Maison Blanche. Corey Johnson, un Afro-Américain de 52 ans, a reçu une injection létale dans le pénitencier fédéral de Terre-Haute (Indiana), et son décès a été prononcé à 5 h 34 (heure française).

En 1992, il faisait partie d’un gang qui a commis une dizaine de meurtres, notamment de rivaux, dans la région de Richmond, en Virginie. Il a été condamné par un tribunal fédéral pour sa participation à sept d’entre eux. Ses derniers mots ont été pour les proches de ses victimes. « J’aurais voulu dire avant que j’étais désolé, mais je ne savais pas comment. J’espère que vous trouverez la paix », a-t-il notamment déclaré.

Dustin Higgs, un homme noir de 48 ans, jugé coupable d’avoir ordonné l’enlèvement et le meurtre de trois jeunes femmes sur des terres fédérales, près de Washington, en 1996, doit subir le même sort vendredi.

En un graphique : Nombre record d’exécutions fédérales à la fin du mandat de Trump

Recours refusé

Les deux hommes avaient contracté le Covid-19 en décembre, et une juge avait décidé mardi de reporter leurs exécutions de plusieurs semaines. Leurs poumons n’étant pas totalement remis, l’injection de pentobarbital risque de leur causer une souffrance interdite par la Constitution, qui bannit les peines « cruelles », avait estimé le tribunal.

Mais une cour d’appel, saisie par le ministère de la justice, a annulé cette décision mercredi, et la Cour suprême lui a donné raison jeudi soir. Elle a également refusé un autre recours des avocats de Corey Johnson, qui portait sur ses déficiences intellectuelles.

« Corey n’avait pas les facultés pour être le “baron de la drogue” que le gouvernement a dépeint à tort pendant près de trente ans. Il pouvait à peine lire et écrire », ont écrit Mes Donald Salzman et Ronald Tabak, en déplorant dans un communiqué son exécution, selon eux « contraire à la Constitution ».

La Cour suprême, profondément remaniée par Donald Trump, compte désormais six juges conservateurs sur neuf qui, depuis des mois, ont systématiquement accordé leur aval à l’administration républicaine dans les dossiers de peine capitale. Le président républicain, un fervent partisan de la peine de mort, comme ses électeurs les plus conservateurs, a, pour sa part, ignoré toutes les demandes de clémence qui lui ont été adressées par des condamnés.

A contre-courant des Etats qui ont suspendu les exécutions depuis le début de la pandémie pour minimiser les risques de propagation du virus, son administration a renoué en juillet, après dix-sept ans de pause, avec les exécutions fédérales, et les enchaîne depuis à un rythme jamais vu. Douze Américains ont reçu depuis l’été des injections létales à Terre Haute, dont, M. Johnson et, pour la première fois en près de soixante-dix ans, une femme, exécutée mardi malgré les doutes concernant sa santé mentale.

Lire aussi La première exécution fédérale d’une femme en près de 70 ans a eu lieu aux Etats-Unis

Joe Biden, opposé à la peine de mort

Le président élu, Joe Biden, qui prêtera serment mercredi, qui est opposé à la peine de mort, a promis de travailler avec le Congrès pour tenter d’abolir celle-ci au niveau fédéral. Des parlementaires démocrates ont introduit lundi une proposition de loi en ce sens. Leur parti ayant repris le contrôle du Sénat, elle pourrait être adoptée.

Les efforts de l’administration républicaine pour procéder aux exécutions alors que le transfert de pouvoir est si proche ont suscité de vives critiques parmi les défenseurs des droits de l’homme.

« Vendredi aurait été le 92e anniversaire de mon père, et rien ne déshonorerait autant son héritage que ces exécutions », a ainsi écrit dans le Washington Post Martin Luther King III, le fils du leader du mouvement des droits civiques, assassiné en 1968.

« Trop de vies noires ont déjà été perdues à cause des violences policières et de la pandémie », a-t-il ajouté, en soulignant les fortes disparités raciales dans les couloirs de la mort fédéraux, où plus de la moitié des détenus sont des personnes de couleur.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi L’administration Trump accélère les exécutions fédérales avant la passation de pouvoirs

Le Monde avec AFP

[ad_2]

Source link

Have something to say? Leave a comment: