« QAnon », « Stop the Steal »… d’où viennent les symboles et slogans brandis par les émeutiers du Capitole ?

0
66

[ad_1]

Tatouages, drapeaux, tee-shirts… les émeutiers pro-Trump ayant envahi le Capitole à Washington, mercredi 6 janvier, ont accompagné leur action d’une iconographie bien précise. Après un meeting, ces supporteurs de l’actuel président américain – qui doit céder la place au vainqueur du scrutin présidentiel de novembre 2020, Joe Biden, dont la victoire vient d’être confirmée – ont pris d’assaut le siège du Congrès américain, à Washington.

Les symboles arborés par nombre d’entres eux sont largement utilisés depuis plusieurs années sur les réseaux sociaux, dont certains favoris des partisans pro-Trump, comme 8chan, Parler, Facebook, etc. Certains faisaient référence à la théorie du complot « QAnon », d’autres à des groupes d’extrême droite. Nos explications.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi « Tout cela, c’est de la fraude, on va se faire baiser » : le jour où des partisans de Donald Trump ont semé le chaos au Capitole
  • De nombreux symboles du mouvement « QAnon »

Sur cette photographie de l’agence Associated Press, on peut voir un émeutier portant, à l’intérieur du Capitole, un sweat-shirt sur lequel on peut lire la phrase « Trust the plan », (« faites confiance au plan »).

L’une des personnes ayant envahi le Capitole à Washington, le 6 janvier.

Ce slogan est l’un des plus répétés par les soutiens du mouvement QAnon, un groupe né sur le forum anglophone 4chan en 2017, qui croit fermement que Donald Trump travaille secrètement à faire tomber un gigantesque complot pédocriminel touchant les élites états-uniennes et mondiales.

Lire notre dossier : QAnon : aux racines de la théorie conspirationniste qui contamine l’Amérique

Au cours des dernières élections présidentielles, de nombreux partisans de « Q », nom d’un internaute se faisant passer pour un informateur anonyme proche du président sortant, ont également soutenu la théorie portée par Donald Trump que les élections avaient été truquées.

En haut sur la photo, on peut apercevoir un drapeau « QAnon ».

Les symboles de QAnon étaient très présents lors des émeutes pro-Trump à Washington du 6 janvier. Sur une autre photo prise à l’extérieur du Capitole, on pouvait d’ailleurs apercevoir un drapeau arborant la lettre « Q ». De même, sur un autre cliché pris à l’extérieur du bâtiment du Congrès, un émeutier est affublé d’un patch portant la mention « Where We Go One We Go All », traduite généralement par « un pour tous et tous pour un », un autre slogan populaire chez les partisans de QAnon.

Sur la droite, un émeutier arbore un patch « QAnon » sur sa veste.
  • Le groupe d’extrême droite Three Percenters

Sur une photo Associated Press prise le 6 janvier à l’extérieur du Capitole, on pouvait également apercevoir un drapeau appartenant au mouvement d’extrême droite Three Percenter. Ce mouvement est présenté comme un groupe antigouvernement par le Southern Poverty Law Center (SPLC), une organisation qui suit de nombreuses milices d’extrême droite anglophones.

Sur la gauche, on peut apercevoir un drapeau des Three Percenters.
Le mouvement « Three Percenters » est un groupe d’extrême droite identifié au Canada et aux Etats-Unis.

Selon le SPLC, le nom Three Percenters provient de « la fausse croyance historique que seuls trois pour cent des Américains se sont battus contre les Britanniques durant la guerre d’indépendance. » Les Three Percenters sont proches d’un autre mouvement d’extrême droite aux Etats-Unis, les Oath Keepers, qui recrutent notamment, toujours selon le SPLC, dans le but d’organiser une lutte armée contre le gouvernement américain.

Sur une photographie prise par l’Agence France-Presse jeudi, on pouvait d’ailleurs voir un émeutier arborer une casquette des Oath Keepers.

L’homme au pull bleu arbore une casquette « Oath Keepers ».
  • Le drapeau Thin Blue Line

Sur une photographie de Reuters prise à l’extérieur du Capitole, on peut apercevoir un drapeau noir et blanc, reprenant le drapeau et des Etats-Unis, sur lequel est ajoutée une ligne bleue : le Thin Blue Line. Il est arboré ici par un émeutier alors qu’un homme des forces de l’ordre est emporté par la foule. Ce symbole est présenté comme un emblème de soutien à la police américaine, mais a été utilisé à de nombreuses reprises au cours des dernières années par l’extrême droite, et aperçu lors de rassemblements néonazis aux Etats-Unis.

Sur cette photo prise devant le Capitole, un agent des forces de l’ordre est débordé par les émeutiers.
Lire l’éditorial du « Monde » : Violences au Capitole : jour de honte aux Etats-Unis
  • Le slogan « Stop the Steal »

C’est l’un des principaux slogans apparus au moment de la défaite de Donald Trump à l’élection présidentielle du 3 novembre 2020. « Stop the Steal », traduit par « arrêtez le vol », est une phrase reprise par les partisans du candidat républicain qui croient, comme le président sortant, que l’élection a fait l’objet de fraudes massives pour faire élire le démocrate Joe Biden. Des accusations qui ne s’appuient sur aucune preuve, pour lesquelles toutes les actions en justice ont été déboutées, et qui ont été réfutées en bloc par les autorités américaines. Une pancarte « Stop the Steal » a été brandie par un émeutier jeudi 6 janvier, à Washington, devant le Capitole.

Lire aussi Un groupe Facebook pro-Trump de 300 000 membres fermé pour avoir diffusé des fausses informations
Une pancarte « Stop the Steal » devant le Capitole.

Photographié à de nombreuses reprises lors de la tentative d’insurrection du 6 janvier, le drapeau confédéré a été brandi à l’intérieur du Capitole par les émeutiers. Il s’agit d’un des drapeaux historiques représentant les Etats du Sud lors de la guerre de sécession au XIXe siècle. Symbole de la lutte contre l’abolition de l’esclavage, le drapeau confédéré a très récemment été interdit par les autorités à New York, et est régulièrement brandi par des groupes américains d’extrême droite. Il est cependant encore affiché près de bâtiments gouvernementaux dans certains Etats du Sud.

Un homme ayant pénétré de force dans el Capitole portant un drapeau confédéré.
  • Le tatouage d’un émeutier en peau de castor

C’est le visage de l’envahissement du Capitole, celui qui figure sur toutes les photographies de presse : Jake Angeli, spectaculaire barbu, au visage peinturluré et coiffé d’une peau animale et d’une improbable paire de corne. La figure la plus reconnaissable de la journée, au point que certains ont retrouvé d’autres photographies du même homme, présent en mars à Tempe, en Arizona, lors d’une manifestation en faveur du mouvement Black Lives Matter – ce qui a suffi à certains pour entendre qu’il s’agirait en réalité d’un militant d’extrême gauche infiltré.

L’homme torse-nu est une figure connue de l’extrême droite américaine.

En réalité, Jake Angeli étant bien présent à Tempe, mais du côté des contre-manifestants. Ses tatouages ne laissent de toute façon pas beaucoup de place au doute quant à son idéologie : sur le torse, l’homme arbore le valknut, c’est-à-dire trois triangles entrelacés symboles du wotanisme, mouvement identitaire néopaganiste liée aux mouvances néonazies.

Lire aussi Complotistes, néonazis, négationnistes… qui sont les insurgés du Capitole ?

Ce n’est d’ailleurs pas un inconnu au sein de l’extrême droite complotiste américaine, puisqu’il avait déjà, au cours des derniers mois, répondu à des interviews où il faisait part de ses opinions pro-Trump.

Lire aussi Etats-Unis : derrière l’« alt-right », cinq grandes mouvances qui convergent

Le masque de Guy Fawkes a pendant des années été essentiellement associé à Anonymous, nébuleuse protéiforme de justiciers-hackeurs. Un symbole qui s’est pourtant dilué ces dernières années, tandis qu’Anonymous perdait de l’importance sur le terrain médiatique, pour devenir le symbole un peu vague de la volonté inarrêtable (et anonyme) du peuple, de la lutte contre l’injustice et de la défiance face aux puissants.

Au centre sur la photo, on peut apercevoir le célèbre masque de Guy Fawkes.

On retiendra tout de même qu’il est apparu pour la première fois dans la bande dessinée V For Vendetta (1982), mais que sa popularité a explosé avec son adaptation au cinéma en 2006. Dans le film de James McTeigue, le héros, qui cherche à mettre à feu et à sang une Angleterre dystopique aux mains d’un régime fasciste, cache son identité sous un masque de Guy Fawkes, instigateur au XVIe siècle d’une tentative d’attentat ratée mais bien réelle contre le Parlement anglais.

Parfois décrit comme le premier drapeau des Etats-Unis, et associé à la guerre d’indépendance, le Betsy Ross Flag avait été conçu, comme son nom l’indique, par la couturière Betsy Ross. Dessus on trouve les treize bandes rouges et blanches toujours utilisées aujourd’hui, mais seulement treize étoiles, placées en cercle, pour représenter les treize colonies américaines présentes lors de la création des Etats-Unis.

Au début du XXe siècle, ce drapeau avait été utilisé par le parti nazi américain, rappelle Fast Company. Cela n’avait pas empêché le drapeau d’être placé bien évidence lors de la cérémonie d’investiture de Barack Obama en 2009.

Une émeutière portant le drapeau de Betsy Ross est interpellée devant le Capitole.

Comme le soulignait Rolling Stone en 2019, ce drapeau est loin d’être le symbole le plus utilisé parmi les groupes suprémacistes, comparé au drapeau confédéré par exemple. Reste que plusieurs événements et polémiques en ont fait un « symbole chargé de sens, particulièrement dans une ère Trump hyperpolarisée ». Dès 2016, la National Association for the Advancement of Colored People (NAACP) avait d’ailleurs dénoncé l’appropriation de ce drapeau par « un soi-disant mouvement patriote et d’autres milices qui répondent à la diversité croissante des Etats-Unis par l’opposition et la suprématie raciale ».

« Ne me marche pas dessus » (« Don’t tread on me »), menace le serpent à sonnette, enroulé sur lui-même, prêt à bondir sur ce drapeau jaune datant de la révolution américaine, à la fin du XVIIIe siècle.

Un policier retire un drapeau devant le Capitole.

Ce drapeau de Gadsden, du nom de son inventeur, le colonel Christopher Gadsden (1724-1805), est à l’origine un symbole de la résistance contre l’Anglais. Il connaît un regain de popularité au XXe et XXIe siècle, brandit à nouveau par différentes formations américaines de droite extrême, mais également de droite modérée, en faisant de ce drapeau un symbole ambigu.

Lire : Petit guide pour comprendre le langage des trolls d’extrême droite



[ad_2]

Source link

Have something to say? Leave a comment: