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A quelques jours de la fin de sa mandature, Donald Trump a tiré une nouvelle salve contre la filière des vins et spiritueux français. En ligne de mire : le cognac. Le couperet de l’annonce d’une extension de la surtaxe de 25 %, qui frappe déjà les vins français, au vin en vrac, aux rouges titrant plus de 14,5 ° et aux eaux-de-vie à leur entrée sur le territoire américain est tombé jeudi 31 décembre 2020. Elle entrera en vigueur à compter du 12 janvier. Seul le champagne échappe encore à l’ire américaine.
Cette décision liée à l’interminable contentieux opposant les Etats-Unis et l’Europe sur le litige entre Boeing et Airbus au sujet des aides d’Etat a provoqué une réaction immédiate de la Fédération des exportateurs de vins et spiritueux (FEVS). Son président, César Giron, l’a qualifiée de « coup de massue », avant d’ajouter : « Ces sanctions viennent frapper l’ensemble de la filière française des vins et spiritueux. Nos entreprises sont victimes d’un conflit qui nous est étranger et qui relève d’une négociation entre Etats. »
La première attaque remonte au 18 octobre 2019, après de multiples menaces proférées par M. Trump. A cette date, les vins français sans bulles en bouteille ont subi une taxe de 25 % pour obtenir leur visa d’exportation vers les Etats-Unis. La sanction a été renouvelée le 15 février, puis le 13 août 2020. Une décision très préjudiciable à la filière viticole hexagonale.
Ventes en recul
Selon la FEVS, sur les dix premiers mois de 2020, les exportations de bourgognes, bordeaux, rosés de Provence ou autres vins du Languedoc ont vu leur niveau chuter de 25 % comparé à la même période de 2019, et atteindre 740 millions d’euros. Soit une perte estimée, dans ce laps de temps, à près de 250 millions d’euros. Sachant que, de janvier à octobre inclus, les ventes totales de vins et spiritueux français hors des frontières ont reculé de 18 %, à 9,8 milliards d’euros.
Il est vrai que la pandémie de Covid-19 a aussi contribué à tendre les marchés. La fermeture des bars et des restaurants aux quatre coins de la planète, comme la chute drastique des transports aériens, et donc de la fréquentation des duty free, ont fortement perturbé l’écoulement des flacons sur le plan mondial.
Le cognac n’a pas échappé aux aléas du coronavirus. La précieuse eau-de-vie charentaise, dont le négoce est entre les mains de groupes puissants à l’image de LVMH, Pernod Ricard ou Rémy Cointreau, avait bouclé, en 2019, une année record, engrangeant un chiffre d’affaires évalué à 3,6 milliards d’euros, essentiellement lié aux exportations. La menace d’une taxation américaine avait incité les distributeurs américains à faire des emplettes. Avec l’apparition de la pandémie en Chine, la filière cognac avait anticipé une baisse de 20 % de son activité sur l’ensemble de l’année 2020. « Mais le mois de novembre a été historique, et nos ventes reculent finalement de 12 % de janvier à novembre, sur l’ensemble des marchés », explique Jean-Bernard de Larquier, membre du Bureau national interprofessionnel du cognac (BNIC).
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