[ad_1]
Plusieurs milliers d’Irakiens sont descendus dans la rue, dans la nuit de samedi 2 à dimanche 3 janvier, pour commémorer le premier anniversaire de la mort du général iranien Ghassem Soleimani et de son lieutenant irakien Abou Mahdi al-Muhandi. Une marche commémorative aux airs de conspuation des Etats-Unis, à l’origine de l’attaque qui a tué les deux hommes, il y a un an à Bagdad.
A la lueur de bougies et tous vêtus de noir, les Irakiens ont salué leurs « martyrs », à l’aéroport international de Bagdad (où l’attaque américaine a eu lieu) et conspué le « Grand Satan », en référence aux Etats-Unis. Les fortes tensions entre le pays de l’oncle Sam et la République islamique d’Iran, toux deux agissant en Irak, font craindre un conflit ouvert sur le sol irakien.
Il y a un an, le 3 janvier 2020, le président américain Donald Trump ordonne l’attaque au drone qui pulvérisera deux véhicules où se trouvaient Ghassem Soleimani, architecte de la stratégie iranienne au Moyen-Orient et Abou Mehdi al-Muhandi, le commandant du Hachd al-Chaabi, une coalition de dizaines de milliers de paramilitaires pro-Iran en Irak et désormais intégrée aux forces de sécurité du pays.
« Pression maximale »
« Nous disons à l’Amérique et aux ennemis de l’islam (…) que nous continuerons à résister malgré le sang versé », a dit à l’AFP Batoul Najjar, une partisane du Hachd al-Chaabi. « Abou Mehdi al-Muhandi, nous allons sortir par millions pour brandir ton portrait sur Tahrir », a encore lancé Ahmed Assadi, un leader du bloc parlementaire du Hachd.
Depuis samedi, du haut d’un immense bâtiment à l’abandon, un poster géant de Ghassem Soleimani et d’Abou Mehdi al-Muhandi surplombe cette place emblématique. Déployée par le Hachd al-Chaabi, cette affiche revêt tout un symbole. Parce qu’en 2019, des dizaines de milliers d’Irakiens conspuaient alors, depuis ce même bâtiment et la place du Tahrir, le pouvoir irakien et son « parrain » iranien. Dans certaines manifestations de la « révolution d’octobre », des portraits de Soleimani avaient même été piétinés.
Dans ce contexte de fortes tensions, les gouvernements s’écharpent et se menacent. Le ministre iranien des affaires étrangères Mohammad Javad Zarif a tweeté qu’en Irak, « des agents provocateurs israéliens préparent des attaques contre des Américains » pour placer « Trump dans une impasse avec un casus belli fabriqué ». Téhéran a, de son côté, accusé M. Trump de chercher à fabriquer « un prétexte » pour lancer « une guerre » avant son départ, après un mandat de « pression maximale » contre l’Iran.
Nouvelles manifestations antiaméricaines à venir
« Attention au piège », a lancé M. Zarif, « tout feu d’artifice connaîtra un sérieux retour de flamme, notamment contre votre meilleur ami [Israël, N.D.L.R.] ». Trump répond sur le même ton : évoquant « des spéculations sur de nouvelles attaques contre des Américains en Irak », il a prévenu que « si un Américain [était] tué, je tiendrai l’Iran pour responsable ».
L’Iran avait, à l’époque, riposté à l’assassinat de Soleimani en tirant des missiles sur des bases irakiennes abritant des soldats américains. Et il a averti que les auteurs de l’assassinat de son général ne seraient « nulle part en sécurité ».
Les Irakiens attendent anxieusement les semaines à venir alors que Washington et Téhéran se sont trouvés au bord de la guerre ces derniers 18 mois, surtout après l’élimination de Soleimani. Sans oublier les tensions dans le Golfe et celles liées à l’accord international sur le nucléaire iranien dénoncé unilatéralement par M. Trump.
D’un côté, les groupes irakiens pro-Iran ont repris leurs attaques à la roquette contre des intérêts américains en Irak. De l’autre, le spectre d’un possible baroud d’honneur de M. Trump, avant que Joe Biden ne lui succède le 20 janvier, plane toujours. A l’appel du Hachd al-Chaabi, les Irakiens doivent converger, plus tard dans la journée de dimanche, vers la place Tahrir pour dénoncer « l’occupant américain ».
[ad_2]
Source link
Have something to say? Leave a comment: