[Série] Le « poulet DG », arme de séduction massive (2/5) – Jeune Afrique

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« Ces plats qui font la fierté de l’Afrique » (2/5). Avec ses origines grivoises et quelque peu bling-bling, le célèbre poulet DG, né au Cameroun, reste un plat de séduction.


Dans le Cameroun des années 1980, le vent du renouveau ramenait au bercail de jeunes gens frais émoulus des universités occidentales. Ils occupaient, avec leurs congénères formés localement, des postes relativement importants dans la haute administration ou dans de grandes entreprises. Torse bombé, roulant des mécaniques, ils affichaient ostensiblement leurs trois V (voiture, villa, virement [comptes en banque]). Pour flatter leur ego et les conforter dans la haute opinion qu’ils avaient d’eux-mêmes, on les affublait du titre de directeur général – qu’ils le fussent dans la réalité ou pas.

Ces jeunes cadres avaient la particularité de déserter souvent les bureaux. Rencontrer l’un d’entre eux était mission impossible. Vous aviez droit à la même rengaine : « Il est sorti. Attendez, il revient. » L’attente durait généralement toute l’après-midi, et pour cause. En compagnie de sa maîtresse (son deuxième bureau), le DG avait pris ses quartiers dans un « chantier », un restaurant improvisé chez des particuliers, où l’attendait un succulent poulet aux légumes et à la banane plantain : le poulet DG.

Ainsi est né ce plat de circonstance, désormais emblématique de la gastronomie camerounaise. Le « DG » choisissait lui-même son poulet dans un poulailler, sur place. En attendant de déguster ce plat de son rang, il profitait tranquillement avec sa maîtresse. Le travail pouvait toujours attendre.

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JeuneAfrique

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