A Cuba, la fin du système unique des deux monnaies

0
77

[ad_1]

Des pancartes « Pas de CUC », en référence au peso convertible, sur les murs d’un magasin à La Havane, Cuba, le  11 décembre.

Après des années d’atermoiements, de reculades et de fausses promesses, Cuba a décidé de sauter le pas et d’unifier son système monétaire. Le 1er janvier 2021, les autorités de La Havane abandonneront l’une des deux monnaies nationales en circulation sur l’île depuis 1994, un système jusque-là unique au monde.

Cette réforme aussi cruciale que complexe, annoncée à la télévision par le président Miguel Canel-Diaz le 10 décembre, intervient alors que les pénuries n’ont jamais été aussi dures depuis la crise d’après la dislocation du bloc soviétique dans les années 1990, qui avait précipité l’île dans un marasme alors sans précédent. Sans tourisme en raison du Covid-19, avec des dépenses accrues pour affronter la pandémie et des sanctions américaines alourdies sous l’administration Trump, l’économie cubaine tourne à vide et manque cruellement de devises.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Face au coronavirus, « il faut lever les sanctions contre Cuba et le Venezuela »

La réforme annoncée fera disparaître le peso convertible ou CUC, aligné artificiellement sur le dollar et créé à l’époque pour accompagner puis remplacer la devise américaine. Les CUC commenceront à être retirés de la circulation début janvier, pour disparaître six mois plus tard. Ne restera que le peso cubain ou CUP, qui vaut vingt-quatre fois moins.

En mettant fin à la cohabitation entre deux monnaies locales, le gouvernement a expliqué vouloir rendre plus lisible et attractive l’économie de l’île aux yeux des investisseurs étrangers. Le chef de l’Etat a toutefois cru bon d’ajouter, lors de son allocution qu’il a tenue, assis, aux côtés de l’ex-président et premier secrétaire du Parti communiste Raul Castro, que la réforme n’était pas « la solution magique à tous les problèmes ».

Des inégalités amplifiées

Sage précaution si l’on en croit les experts, fort nombreux à pointer les turbulences à venir. La réforme survient alors que l’île a réintroduit, depuis octobre 2019, le dollar, avec l’ouverture de magasins d’électroménager où l’on ne peut payer qu’avec cette devise. En pratique, notent les économistes, la valeur du peso pourrait ainsi très vite souffrir à nouveau face au billet vert.

D’abord réservé au secteur touristique au moment de sa création, le CUC s’est très vite généralisé. Son taux s’est établi entre 24 et 25 pesos cubains, utilisés pour les transactions strictement domestiques. Cette dualité monétaire a permis aux entreprises d’Etat d’importer à un taux de change préférentiel. Le ministère du commerce extérieur compensant ce subventionnement public de l’activité.

Il vous reste 61.07% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

[ad_2]

Source link

Have something to say? Leave a comment: