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Donald Trump a quitté la Maison Blanche mercredi 23 décembre pour sa résidence de Mar-a-Lago en Floride en laissant derrière lui un champ de ruines : celles de l’espoir d’une fin d’année reposante pour les parlementaires et les millions d’Américains qui croyaient voir arriver un chèque de 600 dollars (491 euros) dans leur boîte à lettres, conformément au plan de relance adopté deux jours plus tôt par le Congrès, au terme d’un rare compromis entre démocrates et républicains modérés.
Avant d’embarquer dans son hélicoptère, moteurs allumés sur la pelouse sud, son décor de prédilection il y a encore quelques mois, le président américain n’a pas eu un regard pour la presse. Selon celle-ci, ni ses alliés républicains ni même ses conseillers n’ont la moindre idée de ses intentions, alors que se profile l’expiration, au lendemain de Noël, des indemnités chômage pour quelque 13 millions d’Américains, et, de nouveau, le 28 décembre, la menace d’une fermeture des services fédéraux.
Nettoyage avant fermeture
En vingt-quatre heures, M. Trump a nettoyé le terrain à Washington, comme on le fait sur son bureau avant fermeture. Après des semaines de désintérêt pour tout ce qui ne concernait pas la supposée « fraude » électorale « massive » ayant conduit à sa défaite, il est revenu dans l’arène. Le président – qui ne le sera plus dans moins de trente jours – a mis son veto au budget de la défense, gracié quelques dizaines de proches, anciens subordonnés et amis d’amis dont son ancien directeur de campagne Paul Manafort et le père de son genre et conseiller Jared Kushner. Et refusé de promulguer le stimulus fiscal, ou « Covid bill », ce qu’il était censé faire avant le 26 décembre.
Le veto sur le budget de la défense (National Defense Authorization Act) n’était pas une surprise. Le président avait annoncé depuis longtemps son opposition au texte. Motif : le refus des parlementaires d’inclure une provision éliminant la section 230 de la loi sur les communications fédérales, qui permet aux réseaux sociaux de ne pas être tenus responsables du contenu publié. M. Trump, dont 80 % des tweets électoraux sont désormais accompagnés d’une mise en garde de Twitter en lettres bleues relativisant ses propos, estime que les plateformes doivent être sanctionnées pour ce que les conservateurs qualifient de « censure » à leur égard. Mais même les républicains trouvaient que la réforme de la section 230 n’avait rien à faire dans le budget de la défense, une mesure qui passe sans anicroche depuis cinquante-neuf ans.
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