jamais un Amérindien n’avait accédé à une fonction ministérielle »

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Chronique. Pour les Amérindiens, durement éprouvés par la pandémie de Covid-19, l’année 2020 se termine sur deux nouvelles réjouissantes. Le 18 décembre, la nation navajo s’est débarrassée de la centrale au charbon qui défigurait le haut plateau du Colorado, à la lisière de l’Utah et de l’Arizona.

La Navajo Generating Station était l’une des plus importantes de l’Ouest. Elle était fermée depuis un an mais Donald Trump avait essayé de la relancer. Insulte à la tribu, elle alimentait les climatiseurs de Phoenix, Las Vegas et Los Angeles, alors que des milliers de foyers navajo n’ont pas l’électricité. A 8 h 30, les trois cheminées, hautes de 236 m, se sont écroulées sous les vivats – et quelques pincements au cœur chez les anciens employés.

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La responsabilité des terres fédérales

L’autre événement – historique – est la nomination de la représentante du Nouveau Mexique, Deb Haaland, au cabinet de Joe Biden. Une première : jamais un Amérindien, a fortiori une femme, n’avait accédé à une fonction ministérielle à Washinhton. Et pas n’importe quel portefeuille : celui de l’intérieur, l’équivalent de l’aménagement du territoire et la gestion des ressources naturelles.

Si elle est adoubée par le Sénat – ce qui ne fait guère de doute malgré le probable lobbying des industries fossiles –, Deb Haaland aura la responsabilité des terres fédérales (presque un cinquième de la superficie du pays), des parcs nationaux, des relations avec les réserves indiennes, et de la délivrance des très convoités permis d’exploiter le sous-sol : minerais, pétrole et gaz naturel. Un poste stratégique pour l’Ouest américain.

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Joe Biden était soumis à forte pression sur les réseaux sociaux. Les Amérindiens n’avaient jamais autant participé aux élections : ils attendaient un geste (60 000 Navajo ont voté en 2020, contre 42 500 en 2016. Le démocrate l’a emporté par moins de 11 000 voix en Arizona).

Deb Haaland, 60 ans, est membre de la tribu Laguna Pueblo du Nouveau Mexique, « la 35e génération » dans la vallée du Rio Grande, aime-t-elle à préciser. Une femme déterminée, mère célibataire, qui a vaincu l’alcoolisme et couru le marathon. En 2018, elle avait été l’une des deux premières élues amérindiennes au Congrès. Elle y a organisé des auditions sur la disparition des femmes indigènes enlevées ou tuées dans l’indifférence générale, et notamment du FBI, la police fédérale.

Progressiste – elle s’est rangée derrière Elizabeth Warren pendant les primaires démocrates –, elle a pris position pour le « green new deal ». Elle sera chargée de mettre en œuvre le programme de Joe Biden, qui a promis de suspendre les nouveaux forages sur les terres fédérales.

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