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COVID-19. Les infirmiers et les médecins coordinateurs, pour beaucoup très hésitants face à la vaccination contre la Covid-19, sont en attente d’une formation qui leur permettrait de lever leurs doutes.
Comprendre comment fonctionne ce vaccin afin de pouvoir évaluer le bénéfice-risque, s’assurer de la non-responsabilité du professionnel de santé «vaccineur» en cas de souci… Différents points autour de la vaccination contre la Covid-19 ayant besoin d’éclairage précis vont être abordés prochainement à l’occasion d’une formation en ligne. «C’était une demande de l’URPS infirmiers OI, suite à des retours d’infirmiers libéraux ou salariés, explique Alain Duval, président de l’Union régionale infirmiers. On ne parviendra pas à convaincre les infirmiers de s’impliquer dans cette mission, et, qui plus est, de se faire vacciner eux-mêmes, si on ne répond pas à leurs questions».
Convaincue du bien-fondé de cette demande, qui concerne aussi des médecins libéraux ou coordinateurs en établissements pour personnes âgées, le Dr Christine Kowalczyk, présidente de URML OI, a donc demandé à l’ARS les moyens d’organiser cette formation, demande qui aurait été favorablement reçue par l’Agence régionale de santé. «De notre point de vue, il paraît difficile de lancer la campagne de vaccination avant cette formation, mais ce ne sont pas les URPS qui décident. Ceci étant, au vu des chiffres, il n’y a pas la même urgence ici qu’en métropole, même si on s’attend à un rebond épidémique après les fêtes», estime le Dr Christine Kolwaczyk.
La présidente de l’URML OI s’avoue assez confiante sur ce nouveau vaccin : «Il a certes été mis au point très rapidement, mais sur la base d’une technologie que l’on connaît très bien depuis des années, et les moyens mis en œuvre à l’échelle mondiale ont été à la mesure des enjeux de santé publique, ce qui a permis de gagner beaucoup de temps.» Reste la question de la responsabilité du professionnel de santé en cas de problème, comme ces – pour l’instant rares – réactions allergiques graves : «On est sur un dispositif de droit commun, c’est-à-dire que la responsabilité du professionnel de santé ne sera engagée que s’il a commis une faute professionnelle, par exemple qu’il n’a pas vérifié et/ou pas respecté une contre-indication précisée par la Haute Autorité de Santé (HAS)». Les quelques réactions allergiques importantes constatées depuis le début de la vaccination en Angleterre et aux Etats-Unis devraient sans doute orienter les recommandations de la HAS attendues entre le 24 et le 28 décembre en incitant à la prudence pour les personnes présentant des antécédents allergiques.
Mireille Legait
REPÈRES
ARNm
L’ARN messager est une copie temporaire d’un fragment d’ADN de la protéine de pointe S du virus, celle qui lui permet de pénétrer dans l’organisme. Lors de l’injection, l’ARNm est décrypté par les ribosomes de la cellule qui vont reproduire la protéine, déclenchant la réponse immunitaire attendue… et l’élimination définitive de l’ARNm.
ADN
L’ARNm ne peut pas modifier l’ADN car ses molécules n’entrent jamais en contact avec le noyau de la cellule.
Adjuvant
Contrairement aux vaccins à virus inactivé ou à protéine recombinante, les vaccins à ARN n’en ont pas besoin.
Lipides
L’ARN doit être protégé par une capsule de lipides sous peine d’être détruit immédiatement quand il entre dans l’organisme. Les lipides vont également favoriser sa pénétration dans la cellule.
Sel
Comme de nombreux vaccins, celui de Pfizer contient une solution saline (quatre types de sels), qui va équilibrer le pH du vaccin de manière à ne pas endommager les cellules par une trop grande acidité et à assurer son efficacité.
Sacharose
Ce sucre tient lieu de conservateur afin de protéger les nanoparticules pendant la congélation.
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