[Faits Divers] Sécurité routière. Faut-il protéger les radars tourelles ?

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La question se pose après la destruction d’un nouveau radar dans l’Est hier après déjà celle d’un autre ce week-end, moins d’une semaine après leur installation. Impossible selon l’Etat qui mise sur une acceptation au fil du temps.

Une histoire qui se répète à deux jours d’intervalle. Même réaction des habitants : à l’instar de ceux du radar de l’Ilet, incendié dans la nuit de dimanche, des riverains du secteur de « Ti trou » dénonçaient hier l’incendie dans la nuit de mardi du radar installé quasi devant chez eux jeudi dernier. « C’est vraiment n’importe quoi et en plus c’est nous qui payons la note avec nos impôts ! Si ceux qui ont fait ça habitaient ici ils sauraient que c’est dangereux, surtout quand on a de jeunes enfants qui attendent le bus le long de la route, ça roule à toute vitesse », dénonce l’un d’entre eux.

 

Le saint-andréen souhaite le remplacement rapide de la machine. Même mode opératoire : comme pour le radar de l’Îlet, situé quelques kilomètres en amont, des pneus brûlés jetés à la base du radar ont noirci le mât sans le courber mais surtout fais fondre la coque en plastique qui protège la machine en elle-même. Également visée, la cabine du radar de la 2×2 voies de Saint-André semble elle avoir échappé aux flammes. Mais pour combien de temps ?

 

Sur les réseaux sociaux, les réactions étaient le plus souvent aux antipodes de celui des riverains cités plus haut : « La fronde est bien là et on ne peut que la comprendre, on voit bien ou est la priorité du gouvernement en cette année marquée par une crise économique sans précédent… remplir les caisses », pouvait-on notamment lire hier sur une page Facebook dédiée aux « Gilets jaunes ». Un avis largement partagé sur la toile par des usagers applaudissant dans leur majorité la chasse aux nouveaux radars. Elle n’est pas unique à la Réunion. 

 

Remplacement systématique 

 

Aux Antilles, une enquête a été ouverte pour « dégradations volontaires par incendie commis en bande organisée » après la destruction de onze radars tourelles ! En fait, la suite d’un mouvement initié durant le mouvement des Gilets jaunes qui avait vu la moitié des machines de l’île mises hors service. Le radar semble être devenu le symbole d’un rejet de la pression fiscale et d’une certaine pression sécuritaire après une année marquée par une diminution de libertés sur fond de crise sanitaire. Avec déjà deux machines incendiées, une autre visée et encore une autre recouverte de peinture en une semaine, les radars tourelles doivent-ils être sécurisés ?

 

Pour rappel, chaque machine coûte 32 000 euros pièce sans compter les coûts d’installation ou de transport. Interrogée en début de semaine, la sous-préfète de Saint-Benoît répondait par la négative : « On ne peut pas mettre un gendarme derrière chacun et pointer une caméra sur chaque radar avec quelqu’un qui surveille en permanence, j’en appelle à la responsabilité de chacun (…) Le seul but c’est de sauver des vies ».

 

Du côté de l’Etat, on semble miser sur un mouvement spontané, lié à l’installation et qui s’estomperait dans le temps face au remplacement systématique des radars endommagés. Ce qui est déjà le cas pour le radar de l’îlet, remplacé seulement 2 jours après avoir été incendié. Un message clair envoyé par l’Etat aux auteurs des dégradations pour lesquels une enquête a été ouverte par les policiers de Saint-André.

 

Pour rappel, les sanctions peuvent être lourdes et atteindre jusqu’à 100 000 euros d’amende et 7 ans d’emprisonnement auxquels s’ajoute la réparation du préjudice subi par l’Etat, soit le coût de la réparation et la perte de recettes des amendes pour tout le temps d’indisponibilité du radar ! Autre rappel : tous sont en service depuis hier… S’ils ne sont pas brûlés cette nuit !

P.M.

 

 

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clicanoo

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