Frictions diplomatiques entre l’Iran et l’Europe après l’exécution de Rouhollah Zam

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Le dissident iranien Rouhollah Zam lors de son procès à Téhéran, le 2 juin.

La nouvelle a pris de court les Iraniens, mais aussi la communauté internationale. Le dissident iranien Rouhollah Zam, réfugié politique en France depuis 2012 avant d’être enlevé en Irak, a été exécuté le 12 décembre, seulement quatre jours après l’annonce de la confirmation de sa peine par la Cour suprême. L’homme de 41 ans a été jugé pour avoir joué un rôle important dans les manifestations anti-régime de l’hiver 2017-2018, notamment via sa chaîne sur la messagerie cryptée Telegram. Parmi les treize chefs d’inculpation : « corruption », « collaboration avec un pays ennemi, les Etats-Unis » et « espionnage pour la France et l’Etat sioniste », Israël, selon le jargon employé en Iran.

Téhéran a protesté contre l’Europe et « son ingérence inacceptable dans les affaires intérieures » iraniennes

L’Union européenne (l’UE) a condamné quelques heures plus tard l’exécution dans « les termes les plus forts » et rappelé « une fois de plus son opposition irrévocable au recours à la peine capitale en toutes circonstances ». Paris a également dénoncé la pendaison de l’opposant iranien, la qualifiant d’« acte barbare et inacceptable ». Dimanche soir, une conférence virtuelle sur le thème du business entre l’Europe et l’Iran, financée par l’UE et organisée avec le ministère du travail iranien, censée s’ouvrir lundi, a été reportée après que la France et d’autres partenaires se sont retirés de l’événement.

De son côté, l’Iran a convoqué dimanche les ambassadeurs de France et d’Allemagne, pays qui assure la présidence tournante de l’UE, pour protester contre l’Europe et « son ingérence inacceptable dans les affaires intérieures » iraniennes. La République islamique s’en est également prise à ce qu’elle a qualifié d’« indulgence » dont feraient preuve « certains pays européens (…) à l’égard d’éléments propageant de la violence et perpétrant des actes terroristes » contre l’Iran.

Lire aussi L’Union européenne et plusieurs ONG condamnent l’exécution de l’opposant iranien Rouhollah Zam

L’exécution de Rouhollah Zam est un pavé dans la mare après l’élection en novembre du démocrate Joe Biden à la présidentielle américaine, qui peut laisser présager une reprise à terme des négociations entre Washington et Téhéran. M. Biden a déjà laissé entendre qu’il comptait réintégrer l’accord sur le dossier nucléaire, signé en 2015 avec la communauté internationale, que Donald Trump a quitté en 2018.

Rouhollah Zam a vécu comme réfugié politique à Montauban (Tarn-et-Garonne), avec sa femme et ses deux enfants. Faisant l’objet de menaces, il vivait sous protection des services de sécurité français.

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