Sans ses mairies, la gauche brésilienne en crise profonde

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Lors des municipales à Rio de Janeiro, le 15 décembre 2020.

Voilà longtemps qu’ils n’avaient été aussi peu nombreux : au 1er janvier 2021, seuls 183 candidats affiliés au Parti des travailleurs (PT) et vainqueurs aux élections municipales de leurs villes respectives prêteront serment pour prendre leur fonction de maire. C’est 71 de moins qu’il y a quatre ans, lors du dernier scrutin local. Une chute brutale de 28 %.

En perdant ainsi plus d’un quart de ses mairies, le PT fait figure (avec le président Jair Bolsonaro) de grand perdant des dernières élections municipales. La plus puissante formation de gauche d’Amérique latine, fondée par l’ex-président Luiz Inacio Lula da Silva et ses camarades il y a quatre décennies et qui gouverna le Brésil pendant treize années (2003-2016), apparaît aujourd’hui en proie à une crise profonde, deux ans seulement avant la prochaine présidentielle de 2022.

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Qu’on en juge : le PT n’est désormais plus que le 11e parti du Brésil en nombre de municipalités qu’il contrôle, dans un pays qui en compte un peu plus de 5 500. Pour la première fois depuis la fin de la dictature, il ne gouvernera plus aucune capitale régionale. Les « ptistes » ont réalisé aux municipales des scores historiquement bas dans plusieurs villes qui furent jadis des bastions : 8,66 % à Sao Paulo, 4,01 % à Rio Branco (Acre, Amazonie) ou encore un tout petit 1,88 % à Belo Horizonte (Minas Gerais).

Encerclé de toutes parts

Le parti est désormais doublement menacé et encerclé de toutes parts. Sur sa gauche d’abord, par des petites formations alternatives en pleine croissance, tel le Parti socialisme et liberté (PSOL). Né d’une scission avec le PT en 2004, ce dernier prospère désormais chez la jeunesse des grands centre urbains et a réussi cette année à remporter la mairie de Belem (Para, Amazonie) et à placer son candidat, Guilherme Boulos, coordinateur du Mouvement des travailleurs sans toit (MTST), au second tour des municipales à Sao Paulo.

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Mais le PT est aussi menacé sur sa droite, et ce par deux formations à la ligne plus centriste : le Parti socialiste brésilien (PSB) et le Parti démocratique travailliste (PDT), mené par Ciro Gomes, ex-ministre, troisième homme de la dernière présidentielle et pourfendeur du « lulisme ». Les deux partis ont fait une alliance fructueuse aux municipales et sont parvenus à l’emporter dans les grandes villes du Nordeste, telles que Recife, Maceio, Fortaleza ou Aracaju… autant de localités où le PT avait obtenu à la présidentielle ses meilleurs scores nationaux.

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