[Economie] Nouveau protocole renforcé et médiateurs pour rappeler les règles

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RESTAURATION. La Réunion continue d’innover. Territoire épargné par le confinement, l’État et les partenaires sociaux ont signé la mise en place d’un nouveau protocole anti-covid renforcé dans les hôtels, café et restaurants. Il s’accompagne de la mise en place de médiateurs recruter pour informer, conseiller et accompagner la clientèle.

Le déploiement d’un nouveau protocole sanitaire dans les cafés, restaurants et hôtels de La Réunion valait bien un déplacement in situ du préfet pour se rendre compte des mesures mises en place pour freiner la propagation du Covid. C’est dans le restaurant l’Arbradélis que s’est déroulée la démonstration. Une sorte de jeu de rôle où le préfet à jouer celui de client testeur empruntant le nouveau sens de circulation au sein de l’établissement équipé de gels hydroalcooliques, de tables respectant les distances réglementaires, de la jauge affiché à l’entrée… “A nous restaurateurs de nous réinventer”, explique Renaud Gillard, patron de l’Arbradélis et président du Club restauration au sein de l’Umih (Union des métiers et des industries de l’hôtellerie). Si les patrons de restaurants réunionnais ont pu éviter la deuxième vague de coronavirus synonyme de fermeture de leurs établissements, l’attention portée à contrer les effets de ce virus n’en est pas moins oubliée.

Des restaurateurs qui ont dû s’adapter à la situation sanitaire et appliquer dès maintenant le nouveau protocole sanitaire renforcé concocté par l’Etat, l’Umih et l’ensemble des partenaires sociaux. Tous signataires. A l’écouter, ces nouvelles dispositions ne sont pas forcement pénalisantes pour son établissement. “Je ne suis pas persuadé que mon chiffre d’affaires va baisser”, analyse-t-il.

 

Des médiateurs Covid en sentinelle

 

Quoi qu’il en soit, ce nouveau protocole vaut valeur de test grandeur nature. Pourquoi une telle initiative ? “Il fallait prendre en compte la crise sanitaire qui s’impose depuis un an. Ce protocole est un engagement collectif, un enjeu d’accueil pour les clients, un enjeu aussi pour les collaborateurs”, rappelle le préfet Jacques Billant. Alors que le secteur du tourisme emploie plus de 13 500 personnes à La Réunion, la crise sanitaire a chamboulé tout ce pan entier de l’économie réunionnaise. “Le secteur est sous grande tension”, indique le préfet. Les derniers chiffres de la fréquentation hôtelière ne trompent pas, puisque les établissements ne sont remplis qu’à moitié (lire nos précédentes éditions). Toutes ces données ont poussé les acteurs à mettre en place ce protocole qui avait été évoqué lors des réunions de la cellule et économique et social. “Nous devions être capables de sécuriser la destination Réunion”, insiste Jacques Billant. Cette sécurisation passe par ce nouveau protocole. Il va au-delà de ce qui a été fait au national. C’est là où La Réunion innove (lire par ailleurs). “Nous devons aller de l’avant, construire une nouvelle organisation, un nouveau secteur avec des pratiques qui ne sont plus celles d’avant”, prévient Patrick Serveaux, président de l’Umih Réunion.

Et de ces pratiques se décline un nouveau “job”, celui de “médiateur covid”. “Ils seront là pour expliquer et informer la clientèle sur le respect des gestes barrières”, précise-t-il. L’emploi de ce médiateur pourra être partagé sur une même zone géographique par un groupement d’employeur ou faire l’objet d’une mise à disposition dans les établissements volontaires. Ils devraient être également déployer à l’aéroport. “Des dispositifs d’aide à l’emploi seront mobilisés pour embaucher ces médiateurs, ils pourront être éligibles dans le cadre 1jeune1solution”, ajoute Michel-Henri Mattera, directeur de la Dieccte.

Des nouvelles sentinelles qui auront un but : “il s’agit de faire en sorte que les chiffres continuent de s’améliorer. Il ne faut pas relâcher la pression et être rigoureux (…). Avec la migration de voyageurs, les semaines à venir seront difficiles. Il faudra éviter à tout prix les clusters comme en juillet et août. Mais je tiens à rappeler que l’augmentation des cas ne l’était pas en raison des touristes”, avance Patrick Serveaux. Des médiateurs qui seront bientôt recrutés.

Une vigilance à maintenir d’autant que la préfecture lèvera les motifs impérieux le 15 décembre pour voyager entre La Réunion et la métropole.

 

Julien Delarue

[email protected]

 



Que prévoit le protocole ?

A La Réunion, les acteurs de la filière touristique ont souhaité aller plus loin et définir des mesures locales adaptées à la situation du territoire. Signé par 6 organisations patronales et 5 organisations syndicales, ce protocole porte notamment sur les conditions de santé et sécurité au travail ; le maintien et l’amélioration des compétences des salariés et des travailleurs indépendants ; les dispositifs à mobiliser sur le volet ressources humaines et les innovations sociales et organisationnelles. Il vise également à homogénéiser les pratiques et à assurer la sécurité des clients et des professionnels en définissant des mesures adaptées. Il s’agit notamment de désigner un “médiateur Covid” dans les établissements. Sa mission consistera à informer, conseiller et accompagner la clientèle dans le respect des mesures sanitaires renforcées. Le protocole prévoir d’identifier des sites pilotes pour la réalisation d’un benchmarking et la mise en place de mesures s’inspirant des protocoles sanitaires mis place en Europe. Enfin, il s’agit d’inciter les voyageurs arrivant sur le territoire à se faire dépister 2 jours après leur arrivée sur le territoire en déployant la campagne de communication “J’aime La Réunion, je fais un test”.

 

Focus. Les motifs impérieux levés le 15 décembre

Comme annoncé par le Premier ministre Jean Castex jeudi dernier, les Français pourront à nouveau faire des déplacements entre régions. Conséquence immédiate, le préfet de La Réunion a décidé de prendre dès hier un nouvel arrêté pour lever les motifs impérieux nécessaires à tout voyage entre La Réunion et la métropole dès le 15 décembre. “Il n’y avait pas de raisons de maintenir les motifs impérieux alors que tout le monde peut se déplacer entre région en métropole. Tout le monde pourra se déplacer et venir à La Réunion ou partir vers Paris”, explique le préfet. Des déplacements qui ne remettent pas en cause la nécessité de faire un test Covid pour se rendre à La Réunion. Pour les voyageurs arrivant à la Réunion, il est fortement recommandé de réaliser un nouveau test Covid 2 jours après l’arrivée.

 

Gare aux contrevenants

Pas question de transiger avec le protocole sanitaire. Certains établissements recevant du public en ont fait les frais récemment. En tout, 3 500 établissements ont été contrôlés. Sur ces contrôles, 357 ont été mis en demeure de revoir leurs mesures sanitaires. Enfin, seulement 16 d’entre-eux ont été fermés administrativement après nouveau contrôle et nouveau manquement constaté. Des fermetures qui peuvent être comprises entre 10 et 20 jours. En cas de récidive, la fermeture est prononcée pour un mois.

 

Le chiffre

16

c’est le nombre d’établissement contrôlés qui ont été fermés pour ne pas respecter les mesures sanitaires.

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