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Tribune. Alors que le monde célèbre le cinquième anniversaire de l’adoption de l’accord de Paris de 2015 sur les changements climatiques, qui a marqué un véritable tournant, nous voyons se former sous nos yeux un mouvement prometteur en faveur de la neutralité carbone. D’ici au mois prochain, des pays représentant plus de 65 % des émissions mondiales de dioxyde de carbone et plus de 70 % de l’économie mondiale auront pris l’engagement de parvenir à zéro émission nette avant la moitié du XXIe siècle.
En même temps, les grands indicateurs climatiques sont de moins en moins bons. Si la pandémie de Covid-19 s’est accompagnée d’une réduction temporairement des émissions, on observe toujours des niveaux record de dioxyde de carbone, et la tendance est à la hausse. La décennie qui s’achève a été la plus chaude qui ait jamais été enregistrée ; en octobre, la formation de glace de mer arctique n’avait jamais été aussi limitée, et les incendies, les inondations, les cyclones et les ouragans apocalyptiques deviennent la norme.
La biodiversité s’effondre, les déserts gagnent du terrain, les océans se réchauffent et sont envahis de déchets plastiques qui les étouffent. La science est très claire : la situation ne peut qu’empirer, à moins que la production de combustibles fossiles ne recule d’environ 6 % par an d’ici à 2030. Mais le monde s’engage dans la direction opposée – et prévoit une augmentation annuelle de 2 %.
Réinventer notre avenir
Le relèvement de la pandémie doit être vu comme une occasion à saisir tout autant inattendue que vitale pour s’attaquer aux changements climatiques, remettre sur pied notre environnement mondial, transformer nos économies et réinventer notre avenir. Voici la voie à suivre : Tout d’abord, nous devons constituer une véritable coalition mondiale pour parvenir à la neutralité carbone d’ici à 2050.
L’Union européenne (UE) s’est engagée à le faire. Le Royaume-Uni, le Japon, la République de Corée et plus de 110 pays en ont fait autant, tout comme l’administration entrante des Etats-Unis. La Chine s’est quant à elle engagée à y parvenir d’ici à 2060.
Chaque pays, ville, institution financière et entreprise devrait adopter un plan de transition vers zéro émission nette – et prendre dès maintenant des mesures décisives pour s’engager sur cette voie, ce qui signifie réduire les émissions mondiales de 45 % d’ici à 2030 par rapport aux niveaux de 2010.
Un atout de notre côté : la technologie
Avant que s’ouvre, en novembre 2021, la conférence des Nations unies sur le climat, les gouvernements sont tenus, aux termes de l’accord de Paris, de revoir à la hausse leurs ambitions tous les cinq ans et de prendre de nouveaux engagements. C’est ce que l’on appelle les contributions déterminées au niveau national, et ces contributions doivent témoigner d’une réelle ambition en vue de la neutralité carbone.
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