« Le niveau de politisation de l’Unesco a baissé »

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Audrey Azoulay à Paris, en décembre 2018.

Malgré le Covid-19, l’Unesco se sent mieux. Tel est le paradoxe que connaît l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture. Alors que les instances multilatérales, comme le Conseil de sécurité, subissent une perte de sens et de légitimité à cause des actions unilatérales d’Etats carnivores, tels que la Russie ou la Turquie, l’Unesco a réussi à surmonter des difficultés du passé.

En particulier, le départ des Etats-Unis et d’Israël, en octobre 2017. C’est exactement à cette époque qu’Audrey Azoulay s’apprêtait à être nommée directrice générale de l’organisation. L’ancienne ministre de la culture française, candidate à un second mandat et soutenue par une majorité d’Etats membres, revient sur les changements qu’a connus l’organisation.

Avez-vous des certitudes sur le retour possible des Etats-Unis au sein de l’Unesco, avec l’arrivée de Joe Biden à la Maison Blanche ?

On n’a pas eu de discussions directes avec son équipe. L’Unesco, ce sont les Nations unies, avec une vocation universelle. J’avais dit, alors que j’étais candidate, que je regrettais le départ américain et que leur place était ici, comme Israël d’ailleurs. Je le redirai. Compte tenu des liens historiques qui existent entre notre institution et les Etats-Unis, des chantiers qu’on a lancés sur l’intelligence artificielle, les sciences ouvertes ou l’éducation des filles, il n’y a que de bonnes raisons pour qu’ils reviennent. Ce serait logique, au vu des prises de parole générales de Joe Biden sur un retour dans le multilatéralisme.

Autre élément positif : la future première dame, Jill Biden, est enseignante, et elle connaît bien l’Unesco, elle s’y est exprimée. Les Américains sont sortis sur une simple lettre, ils peuvent rentrer par une simple lettre. Ensuite, ils pourront discuter de la question de leur dette, qui demeure. Les Etats-Unis doivent environ 616 millions de dollars [507 millions d’euros] depuis 2011. Il y a d’autres pays qui comptent des arriérés de paiement, de moindre ampleur.

Lire le portrait de 2019 : En plein marasme à l’ONU, la Française Audrey Azoulay relance l’Unesco

Depuis l’entrée de la Palestine à l’Unesco en 2011, l’organisation a longtemps été une arène de confrontation avec Israël… Quelle est la situation aujourd’hui ?

J’ai voulu qu’on s’engage directement et qu’on ne laisse pas les Etats membres dans un face-à-face stérile, divisant l’ensemble de la communauté internationale. On a proposé une négociation et une médiation, pour trouver un texte qui puisse exprimer la position de la communauté internationale, mais avec des termes et des formes acceptables par tous. Ça a permis une relation de confiance avec toutes les parties concernées, dès mon arrivée.

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