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RÉGATE. Hormis le Vendée-globe, il s’agit peut-être de la seule régate qui peut se tenir en France aujourd’hui. Le Run Kreolia, qui s’ouvre cette année à d’autres catégories de bateaux, débute ce samedi pour deux week-ends au large des côtes réunionnaises.
Ce n’est pas le premier sport qui vient à l’esprit quand on pense à notre île. Pourtant la voile réunionnaise n’a pas à rougir de son histoire à laquelle se sont mêlés, et se mêlent encore aujourd’hui, de grands noms et le plus haut niveau. En ce jeudi matin, on pense évidemment à l’infortuné Kevin Escoffier (notre édition de ce lundi) qui marche aujourd’hui sur les traces de Kito de Pavant, lui-même sauvé des eaux lors de la précédente édition du Vendée globe. Mais La Réunion n’a pas que vocation a se transformer en hub pour les naufragés de l’Indien. Aussi illustres soient-ils…
Ce samedi 12 décembre débute ainsi le Run Kreolia. Les pratiquants locaux s’y retrouveront, puisque ce raid autour de l’île mené à toute vitesse sur des embarcations légères et taillées pour la course, existe depuis 1997. Un petit bijou péi de la régate par laquelle sont passés Florence Arthaud, Franck Cammas, Yvan Bourgnon ou encore Thibaut Vauchel-Camus parmi tant d’autres. “À l’origine, La Réunion était une étape du circuit mondial pour les 18 pieds”, explique Nicolas Thébaud, président de la ligue réunionnaise de voile. “L’épreuve est née de cette expérience. C’était l’occasion de faire venir des bateaux, qui ont été racheté par des passionnés locaux”. Une manière aussi de mélanger des équipages du circuit professionnel et international, avec les amateurs éclairés du cru. “Le circuit n’existe plus, mais la dynamique locale est restée autour de cette épreuve phare”.
Malheureusement, et comme pour toute les activités tournées vers le large, les écoles et compétitions de voiles ont été fortement impactées ces dernières années par la crise requin. “Les scolaires se sont arrêtés, l’école de Saint-Paul ne pouvait plus travailler…”. Période noire où les fanas du grand large ont entretenu la flamme dans un cadre plus confidentiel.
“Un maximum de voiles”
Une situation qui n’a pourtant pas empêché de continuer à voire briller des réunionnais dans les plus grandes compétitions et les défis les plus convoités de la course au large. C’est le cas par exemple de Morgan Lagravière, inscrit l’année dernière au Run Kreolia, et qui se bagarre actuellement au côté de Thomas Coville au large des Kerguelen pour battre le record du monde le plus rapide à la voile en équipage. Il y a quatre ans, c’est sur le Vendée Globe que le navigateur s’engageait lui-même sur un 60 pieds Imoca de dernière génération.
Un de ses concurrents directs sur le dernier Run Kreolia, Noé Delpech, enchaîne pour sa part les exploits aux quatre coins du monde dans une catégorie de voiles beaucoup plus légères. Les deux marins, engagés sur d’autres compétitions, ne seront pas présents cette année. Covid-19 oblige, il a été plus compliqué de faire venir les têtes d’affiches sur l’île pour cette édition. “C’est pourtant l’une des seules, et peut-être même la seule, qui peut se tenir actuellement en France avec le Vendée Globe!”, constate Nicolas Thébaud. En lieu et place, c’est un espoir de la voile française qui concourra sur ses terres en la personne de Mathys Guessard, licencié du club de Saint-Gilles avec déjà la plus haute place d’un championnat de France accroché à son palmarès en 2015.
On en passe, mais il y a du beau monde. “Et on s’est désormais fixé l’objectif de voir un maximum de voiles sur l’eau”, souligne l’organisation. Basé sur le principe de raids côtiers, les épreuves s’enchaineront sur les week-ends des 12-13 et 19-20 décembre entre Le Port, Saint-Gilles et Saint-Pierre. “Parfois nous avons une épreuve entre Le Port et Sainte-Rose également. Mais nous devons aussi nous adapter aux conditions météorologiques, et le programme peut encore être bouleversé”.
À ce jour, sept équipages F18 et une dizaine d’équipages sur F16 (deux types de catamaran), sont engagés. Ils seront rejoints, nouveauté de cette édition 2020, par une quinzaine de navigateurs en herbe en série Optimist et une dizaine de voiliers habitables. Une dernière étape de la régate organisée en baie de Saint-Paul, sous l’oeil aiguisé de spectateurs qui pourront embarquer sur le Maloya, partenaire de l’évènement, pour suivre la course au plus près. La remise des prix se fera d’ailleurs le soir-même sur le Maloya.
Julien Georget
Toutes les informations utiles pour découvrir la voile et suivre l’actualité des régates sur www.liguevoilereunion.com




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