[Société] Les professionnels de l’événementiel veulent reprendre le travail : une mobilisation prévue mardi prochain

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Depuis le mois de mars, ils sont quasiment à l’arrêt. Les professionnels de l’événementiel, qui sont environ 400 à La Réunion, entre wedding-planners, producteurs de spectacles, régisseurs, organisateurs de rencontres “B2B” (business to business) ou d’événements en tous genres…, n’ont toujours pas repris une activité normale depuis la sortie du confinement en mai. 

Et pour cause, les réceptions de mariages n’ont toujours pas lieu, les pistes de danse étant toujours fermées. Les concerts et spectacles eux, ont redémarré, mais dans un format contraint (uniquement assis, un siège libre entre chaque personne ou groupe, et dans des lieux clos). 

“Ça fait des mois qu’on ne peut plus travailler normalement” 

“Clairement, on n’a plus rien comme événements. Ça fait des mois qu’on ne peut plus travailler normalement”, soupire Chloë Meyssonnier-Merelle, vice-présidente de l’Union de l’événementiel à La Réunion (UNEV), et elle-même régisseuse de concerts et wedding-planner de profession. 

Heureusement, des aides sont venues soutenir la filière sinistrée, tant au niveau régional que national. Au-delà du Fonds de solidarité nationale et du prêt garanti par l’Etat (PGE), qui leur ont permis de ne pas tous mettre la clef sous la porte, les professionnels de l’événementiel ont aussi été épaulés par l’aide débloquée par la Région fin octobre. 

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Au total, une enveloppe de 11,5 millions d’euros a été mobilisée par la collectivité régionale, et les premières sommes seront touchées dans les tous prochains jours, leur montant étant défini par plusieurs paliers en fonction du chiffre d’affaires de 2019. 

“Ça nous aide et on est content, mais on a surtout envie de travailler”, clame la vice-présidente de l’UNEV. D’autant que, rappelle-t-elle, des protocoles ont été définis pour chaque type d’événement, et envoyés à la préfecture, pour montrer leur capacité à organiser des événements dans le respect des gestes-barrière. “Mais la préfecture nous a répondu qu’elle ne pouvait rien faire”, ajoute Chloë Meyssonnier-Merelle. “Jusqu’ici, on nous disait que la situation était critique, et on comprenait. Mais à La Réunion aujourd’hui, le nombre de cas est en baisse”, souligne-t-elle. 

“C’est pour dire aux gens qu’on est encore là”

Selon l’UNEV, des points de blocage subsistent au niveau des mairies. Pour le Sakifo par exemple, c’est la mairie qui avait refusé d’autoriser la tenue du festival de musique prévu début novembre. “On voit que tant que personne ne se sera lancé, en permettant à nouveau à des événements de se tenir, personne ne bougera. On a l’impression que tout le monde a un peu peur de se mouiller”. 

Du coup, c’est une large mobilisation que l’UNEV espère susciter mardi prochain, le 15 décembre, devant la préfecture. “C’est pour dire aux gens qu’on est encore là, on existe toujours, et que non, la vie n’a pas repris normalement pour tout le monde. Et lancer un appel à la préfecture, à la mairie, aux gens. Ceux qui nous soutiennent peuvent venir”, enjoint Chloë Meyssonnier-Merelle. 

Un rassemblement mardi matin, de 10h à 12h 

Au-delà de ne pas pouvoir pratiquer leur “métier-passion”, ils passent aussi à côté d’un gros mois. Traditionnellement, décembre est un des mois les plus chargés pour le secteur. “Ne serait-ce que pour le 20 décembre”, explique la vice-présidente de l’UNEV.  “Pour beaucoup, c’est une grosse perte, on passe à côté de plein de petits contrats. En cette période de fêtes, il y a les marchés de Noël, les soirées de comité d’entreprise…”.

Autant d’événements qu’ils ne pourront pas honorer cette année, dans le contexte sanitaire actuel, alors qu’ils estiment pourtant pouvoir le faire en toute sécurité. Un message qu’ils auront à coeur de faire passer mardi matin, de 10h à midi devant la préfecture à Saint-Denis. Les adhérents de l’UNEV, ainsi que tous ceux qui soutiennent la filière, sont invités à venir habillés en noirs ce jour-là, pour réclamer la reprise du travail au plus tôt. Dans le respect des gestes-barrière, bien sûr. 

 

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