Coup de gueule : atteinte de lupus, elle déplore la froideur de la Sécu

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La chaleur humaine fait défaut à la Sécurité sociale. C’est ce que déplore une citoyenne de 23 ans. Thanalutchemee, qui est atteinte de lupus, dit s’en être rendu compte quand elle s’est rendue sur place pour demander une aide sociale. Si elle souhaite un soutien de l’État, c’est pour soulager son père et son oncle qui la soutiennent financièrement. 

«Un peu de volonté et un peu de compassion pour des gens qui sont écrasés par la misère et la maladie peuvent faire une grosse différence. » Thanalutchemee, qui a 23 ans, en est intimement convaincue. Elle fait là référence à l’accueil auquel elle a eu droit la dernière fois qu’elle s’est rendue dans un bureau de la Sécurité sociale. « Certains officiers font preuve d’une froideur absolue », avance-t-elle. 

Orpheline de mère depuis qu’elle a un an, la jeune femme a un petit frère. Ce sont leur grand-mère, leur père et leur oncle qui s’occupent d’eux. « Je n’ai pas connu ma mère. Heureusement que j’ai ma grand-mère. Mais elle a maintenant 74 ans et elle est malade. Elle souffre de la maladie de Parkinson », raconte l’habitante des Plaines-Wilhems. 

Thanalutchemee étudie le Business Management & Marketing à l’université de Maurice. Mais elle souffre du lupus. Elle ne peut donc pas se rendre à ses cours régulièrement. Pas plus tard que jeudi dernier, elle s’est sentie extrêmement faible. Elle a dû rester chez elle, car elle pouvait à peine marcher. 

L’étudiante est soutenue financièrement par son père et son oncle. Mais elle aurait aimé recevoir une pension d’invalidité afin d’être un peu plus indépendante sur le plan pécuniaire. Hélas, sa demande a été rejetée en juin 2020, le Board médical de la Sécurité sociale estimant qu’elle ne souffrait pas d’un handicap à hauteur de 60 %, un des critères imposés pour être éligible à cette pension. 

« Ils m’ont dit qu’ils ne voyaient rien d’aggravant dans mon cas. Mon médecin traitant affirme le contraire. La maladie commence à affecter mes yeux », soutient Thanalutchemee. Son appel contestant le rejet de sa première demande a lui aussi été rejeté. La jeune femme tente maintenant d’obtenir une aide sociale jusqu’à ce qu’elle puisse faire une nouvelle demande pour une pension d’invalidité d’ici six mois, comme le veut la procédure. 

Mais ce qui a frappé la jeune femme tout au long de ses démarches, c’est le manque de chaleur humaine de la part de certains officiers de la Sécu. Elle dit avoir l’impression que certains n’ont pas conscience qu’ils travaillent pour une instance – le ministère de la Sécurité sociale –  « qui est censée agir avec un sens d’humanisme envers ceux qui se tournent vers elle ». 

Thanalutchemee ajoute que tous ceux et celles qui se rendent à la Sécu sont en général des gens qui ont des difficultés financières, s’ils ne sont pas complètement démunis. « Ce sont des gens qui souffrent. Ils se tournent vers la Sécu dans l’espoir de trouver un soulagement. Malheureusement, ils ne l’obtiennent pas toujours. Certains officiers font preuve d’une froideur absolue. J’en ai été témoin », explique-t-elle. 

L’autre jour, elle s’est rendue, comme à son habitude, au bureau de la Sécurité sociale de Rose-Hill pour ses démarches. Après avoir attendu son tour trois heures durant, elle apprend qu’elle n’aurait pas dû se rendre au bureau de Rose-Hill mais à celui de Beau-Bassin. « J’ai attendu ici pendant autant d’heures. Maintenant vous me dites d’aller à Beau-Bassin ? Vous êtes certain que vous ne pouvez rien faire pour moi ici ? » a-t-elle demandé à un préposé. « Non. Nous ne pouvons rien faire ici. Il faut que vous vous rendiez à Beau-Bassin », lui aurait-il répondu. 

Thanalutchemee n’a eu d’autre choix que de partir, malgré sa santé vacillante. Entre-temps, elle avait pris connaissance d’un autre fait : une femme qui était arrivée au bureau vers 9 heures n’avait pas encore été reçue à 14 heures, alors qu’elle était 19e sur la liste…

Quand la jeune femme s’est rendue au bureau de Beau-Bassin, l’endroit grouillait de monde. Or, seulement deux officiers étaient en poste. « À l’heure de la pause, ils sont allés déjeuner en même temps. Avant de partir, ils ont mis tout le monde dehors puis ils ont fermé la porte. Un des officiers est revenu après une heure et l’autre après plus d’une heure. Quand ils sont revenus, les gens qui attendaient dehors sont entrés », raconte Thanalutchemee.

Elle était 39e sur la liste. À un certain moment, quelqu’un est venu lui dire : « Mademoiselle, nous allons nous arrêter à la 25e personne. Il va falloir revenir. » Thanalutchemee demande humblement aux officiers de la Sécu de faire preuve d’un peu plus de compassion envers ceux qui sollicitent leur service par nécessité. 

Sollicité, Navin Kumar Caleechurn, assistant commissaire à la Sécurité sociale, a répondu que ce manque d’officiers est un problème qui affecte non seulement le bureau de Beau-Bassin mais aussi ceux qui se trouvent un peu partout à travers l’île. 

« Nous sommes au courant de la situation. C’est dû au fait que certains suivent des cours alors que d’autres prennent part à des examens », a-t-il expliqué. Qu’en est-il de la froideur et de l’indifférence décriée ? L’assistant commissaire dit en avoir pris note. 

Explik ou Ka a aussi contacté la ministre de l’Intégration sociale, de la Sécurité sociale et de la Solidarité nationale, Fazila Jeewa-Daureeawoo, pour obtenir son opinion. Malheureusement, elle n’était pas disponible.



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Defi Media

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