« Jamais dans l’histoire de l’Egypte moderne, il n’y a eu autant d’avocats, de militants des droits humains et de syndicalistes arrêtés »

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Tribune. La visite d’Al-Sissi à Paris intervient alors que la pire répression de l’histoire moderne de l’Egypte s’abat sur ses libertés. La récente arrestation de trois membres de l’Initiative égyptienne pour les droits personnels (Egyptian Initiative for Personal Rights, EIPR), organisation membre de la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH), et la décision d’inscrire deux défenseurs des droits humains de renom, Mohamed Baqer et Alaa Abdel Fattah, sur la liste des terroristes, ne sont que les derniers chapitres du plan de répression d’Al-Sissi contre son propre peuple.

L’indignation consécutive à l’arrestation des membres de l’EIPR s’est répandue dans le monde comme une traînée de poudre, du secrétaire général des Nations unies à l’actrice américaine Scarlett Johannson, en passant par les autorités françaises et l’administration américaine entrante. Le 3 décembre, nous apprenions que les trois membres de l’EIPR, nos camarades, étaient relâchés après trois semaines d’angoisse. Ils restent poursuivis pour « adhésion à un groupe terroriste », « utilisation d’un compte de réseau social pour diffuser de fausses nouvelles » et « diffusion de fausses nouvelles ».

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Deux leçons peuvent être tirées de cette nouvelle : la première, que la pression internationale forte, coordonnée, unifiée, fonctionne. La deuxième, que nous sommes toujours à la merci du général Al-Sissi.

Tortures, exécutions, disparitions

Jamais dans l’histoire de l’Egypte moderne, il n’y a eu autant d’avocats, de militants des droits humains et de syndicalistes arrêtés pour avoir exercé leurs droits fondamentaux, que ce soit l’expression d’une opinion, la participation à une réunion, à une manifestation pacifique ou, tout simplement, l’exercice de leurs métiers d’avocat, de journaliste ou de médecin.

Derrière la destruction d’un tissu social essentiel se profile un Etat autoritaire, dirigé par une junte militaire qui n’est pas disposée à dialoguer avec ses citoyens. Les exécutions de masse, les disparitions forcées et la torture généralisée sont les seuls outils utilisés par le régime pour interagir avec les Egyptiens.

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Le système judiciaire égyptien a été qualifié de « parodie de justice » par les Nations unies. Sans parler des attaques contre les droits des femmes, des personnes LGBTI + [les personnes homosexuelles, bisexuelles, transgenres ou intersexes et tous les autres], de la corruption généralisée et de la militarisation de l’économie. Autant d’entorses aux principes fondamentaux qui fragilisent la stabilité même du pays dans la région.

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