la coalition de Maduro remporte les législatives, marquées par une forte abstention

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Le président Nicolas Maduro prend la parole devant des journalistes à Caracas  dimanche 6 décembre 2020, jour des élections législatives au Venezuela.

Le président du Venezuela, Nicolas Maduro, s’est emparé de la dernière institution qui échappait à son pouvoir en prenant le contrôle du Parlement lors des élections législatives, dimanche 6 décembre, marquées par une très forte abstention et rejetées internationalement.

La coalition qui soutient le président Maduro, le Grand Pôle patriotique, a obtenu 67,7 % des 5,2 millions de suffrages exprimés, a annoncé, lundi 7 décembre, la présidente du Conseil national électoral (CNE), Indira Alfonzo.

La fraction de l’opposition qui a participé au scrutin a obtenu 18 % des voix, a-t-elle ajouté. Le chef de l’opposition, Juan Guaido, qui considère comme illégitime le pouvoir de M. Maduro, avait appelé à boycotter ces élections. La présidente du CNE n’a pas précisé la répartition des 277 sièges qui étaient soumis au vote des 20 millions d’inscrits.

L’abstention a atteint 69 %, l’appel des principaux partis d’opposition à « rester à la maison » ayant été massivement suivi. Pour le chef de l’opposition, Juan Guaido, autoproclamé président par intérim et soutenu par plus de 50 pays, Etats-Unis en tête, « le rejet majoritaire du peuple vénézuélien a été évident (…) Le Venezuela a tourné le dos à Maduro et à sa fraude ».

Lors des élections législatives de 2015, où l’opposition avait mis fin à quinze ans d’hégémonie chaviste au Parlement unicaméral, la participation avait été de 71 % (66,45 % en 2010).

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Des élections ni « transparentes » ni « crédibles »

« Ce qui se passe aujourd’hui au Venezuela est une imposture et une mascarade, pas une élection », a écrit dimanche le secrétaire d’Etat américain, Mike Pompeo, sur Twitter. « Les résultats annoncés par le régime illégitime de Nicolas Maduro ne refléteront pas la volonté du peuple vénézuélien », a ajouté M. Pompeo.

« Un zombie a parlé ! », a répliqué le ministre des affaires étrangères du Venezuela, Jorge Arreaza. « Espérons que très bientôt la diplomatie reviendra au département d’Etat et à la Maison Blanche », a-t-il ajouté, faisant référence à la défaite électorale du président Donald Trump.

Outre Washington, l’Organisation des Etats américains (OEA) a annoncé dimanche ne pas reconnaître la validité de ces législatives que l’Union européenne avait appelé, sans succès, à reporter, ne les estimant ni « transparentes » ni « crédibles ». Et le ministre des affaires étrangères brésilien, Ernesto Araujo, a qualifié lundi le scrutin de « farce électorale », où la « dictature » de Nicolas Maduro a tenté de « légitimer » son pouvoir.

De leurs côtés, le Canada, la Colombie, le Costa Rica et Panama ont annoncé dimanche qu’ils ne reconnaîtraient pas les résultats de ces élections.

Consultation populaire

Mis à part dans les quartiers de Caracas ouvertement chavistes, les bureaux de vote ont été très peu fréquentés tout au long de la journée. Ailleurs dans le pays, les files d’attente étaient plus longues pour faire le plein d’essence que pour voter, reflétant la grave crise que traverse l’ex-premier producteur de pétrole d’Amérique latine.

Le pays est en proie aux sanctions économiques états-uniennes visant à renverser le successeur d’Hugo Chavez (1999-2013), dont un embargo pétrolier, depuis avril 2019, qui entraîne des pénuries d’essence.

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Etouffé par une inflation galopante (+ 4 000 % sur un an), paralysé dans d’interminables files d’attente pour faire le plein d’essence, fatigué du manque d’approvisionnement en eau et en gaz, et excédé par les brutales coupures de courant, le Venezuela est aux abois.

Juan Guaido, président du Parlement depuis 2015, appelle pourtant à « amplifier » ces sanctions. Une consultation populaire débute lundi, sur laquelle il compte s’appuyer pour proroger son mandat au-delà de sa date d’expiration, le 5 janvier.

En choisissant une nouvelle fois de boycotter un scrutin qu’il estime sans garantie, après la présidentielle de 2018 ou le vote sur une Assemblée constituante en 2017, M. Guaido jouait son va-tout avec cette consultation aux effets incertains. Le chef de l’opposition, dont la popularité s’est érodée, se montre pourtant confiant : « J’ai plus que de l’optimisme, j’ai des certitudes. »

Nicolas Maduro a pour sa part appelé l’opposition à « abandonner la voie extrémiste » pour « demander d’une seule voix la levée de toutes les sanctions au nouveau gouvernement des Etats-Unis de Joe Biden ».

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Le Monde avec AFP



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