« On constate une hybridation des réseaux criminels de blanchiment »

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Cette maison d’Eext (Pays-Bas) abritait un laboratoire de fabrication de drogues. Lors de l'opération policière de démantèlement en mai 2020, quatre suspects du Nord Brabant ont été arrêtés.

L’Office central pour la répression de la grande délinquance financière (OCRGDF) a contribué au démantèlement de gros réseaux criminels qui blanchissaient l’argent de la drogue, dont le dernier date de 2016, lors d’une opération baptisée « Cedar ». Dans un entretien au Monde, la chef de ce service de police judiciaire, Anne-Sophie Coulbois, parle de profits illicites considérables, générés par la criminalité organisée.

Quel bilan tirez-vous des récents démantèlements de réseaux de blanchiment de l’argent de la drogue ?

Le blanchiment de fonds est consubstantiel à la criminalité organisée, notamment au trafic de stupéfiants. Lutter contre la dissimulation d’avoirs criminels et leur injection dans l’économie légale est au cœur de notre métier. Le succès de l’opération « Cedar », relative au démantèlement d’un trafic de cocaïne lié aux cartels colombiens, en collaboration avec l’agence fédérale américaine antidrogue et nos partenaires européens, a montré qu’il fallait mettre la lutte contre le blanchiment d’avoirs criminels au centre des priorités. Ce qui a été acté par le Plan national de lutte contre les stupéfiants de 2019. Après l’affaire de la « French connection » [exportation d’héroïne aux Etats-Unis des années 1930 à 1970], l’analyse des flux financiers a été mise de côté. Or il est primordial de tracer l’argent de la criminalité organisée.

Qui sont les narcotrafiquants ? Les cartels sont-ils présents en France ?

Les cartels colombiens et mexicains sont au centre des attentions de l’Office antistupéfiants, avec qui nous travaillons main dans la main. Leur connaissance du terrain sud-américain et la coopération avec leurs homologues sont déterminantes. La criminalité organisée française est marquée par la prédominance du narcobanditisme, qui s’affilie à des réseaux de blanchiment spécialisés pour sécuriser et recycler ses profits illicites, en développant un « système bancaire parallèle ». Ainsi l’OCRGDF a créé dès 2005 la plate-forme d’identification des avoirs criminels, pour détecter ces avoirs sur le territoire national et à l’international.

Le crime ne doit pas payer. Chaque année, plus de 500 millions d’euros sont saisis en France, dont 14 % issus du trafic de stupéfiants. Ces enquêtes de patrimoines sont cruciales, face à des réseaux criminels financiers qui se complexifient, se mondialisent et usent de tous les subterfuges : investissements offshore, trusts, sociétés-écrans…

Comment l’argent de la drogue est-il blanchi ?

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