[ad_1]
Après des mois de tergiversations, de polémiques et de mises en garde de certaines organisations humanitaires, les autorités du Bangladesh ont commencé, vendredi 4 décembre, les opérations d’un transfert controversé de certains réfugiés rohingya vivant par centaines de milliers dans des camps du district de Cox’s Bazar, dans le sud du pays.
Un premier groupe de 1 640 personnes est arrivé par bateau depuis le port de Chittagong sur l’île de Bhasan Char − « l’île qui flotte » en bengali −, un territoire de 39 km2, régulièrement inondé qui a émergé il y a une quinzaine d’années dans le golfe du Bengale, à une soixantaine de kilomètres des côtes.
Nombre d’experts critiquent ce projet de relocalisation, affirmant que cette île, souvent battue par des cyclones, ne dispose pas des infrastructures nécessaires, notamment au niveau médical, pour héberger un tel nombre de personnes. Dans un rapport diffusé en août 2018, l’organisation Human Rights Watch (HRW) redoutait déjà que ce déplacement ait pour conséquence d’« isoler un peu plus » ces réfugiés. « Ils n’auraient accès qu’à des possibilités limitées d’éducation et de soins », affirmait HRW.
L’ONU « pas impliquée »
Le bureau de l’Organisation des Nations unies (ONU) à Dacca, capitale du Bangladesh, a publié cette semaine un communiqué laconique, affirmant « ne pas être impliqué » dans ce transfert à propos duquel les Nations unies ont reçu « peu d’informations ». Une porte-parole de l’ONU, Louise Donovan, a fait remarquer que les Nations unies n’ont pas reçu la permission de mener de nécessaires enquêtes d’évaluation sur le terrain.
Le Bangladesh a investi environ 400 millions de dollars dans la construction de bâtiments destinés à reloger sur l’île une centaine de milliers de membres de cette minorité musulmane de Birmanie victime, en 2016 puis en 2017, de violentes répressions militaires. Ces opérations de « nettoyage » avaient été lancées par les militaires birmans à la suite d’attaques perpétrées par des guérilleros affirmant combattre au nom des Rohingya, minorité apatride de longue date persécutée dans leur pays d’origine. L’ONU a qualifié la répression de l’armée birmane de « génocide ».
Une dizaine de milliers de personnes ont été tuées, sans compter les femmes violées, les maisons brûlées et les villages rayés de la carte. Selon les chiffres du Haut-Commissariat aux réfugiés de l’ONU (UNHCR), environ 750 000 Rohingya ont fui au Bangladesh et une centaine de milliers dans d’autres pays de la région ; 600 000 d’entre eux vivraient encore en Birmanie.
Il vous reste 53.74% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
[ad_2]
Source link
Have something to say? Leave a comment:
