Nouveau pic de mortalité en Italie, malgré le ralentissement de l’épidémie

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Test pratiqué à l’aéroport Fiumicino, à Rome, le 23 septembre.

Bien sûr, il est possible de regarder la situation italienne dans la lutte contre le Covid-19 du côté positif : sur le terrain des statistiques, les signes d’amélioration se multiplient, et la tension sur le front hospitalier baisse partout dans le pays, lentement mais sûrement.

Vendredi 4 décembre au soir, le ministère italien de la santé a même annoncé qu’au regard de l’évolution des données, huit régions italiennes et une province autonome allaient voir les restrictions allégées. La Toscane, le Val d’Aoste, la Campanie et la province autonome de Bolzano passent ainsi de la zone « rouge » (confinement, interdiction de sortie hors cas de nécessité) à la zone dite « orange » (risque élevé, réouverture des commerces de détail et sorties autorisées sans autocertification mais uniquement sur le territoire de la commune).

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Quant à l’Emilie-Romagne, le Frioul-Vénétie Julienne, les Pouilles, l’Ombrie et les Marches, elles quittent la zone orange pour entrer dans la « jaune » (risque modéré, restaurants et cafés ouverts en journée et couvre-feu en soirée, déplacements possibles sans restriction hors des régions orange et rouges). Ces dernières devraient être rejointes dans les prochains jours par la Lombardie, dont la situation s’est elle aussi sensiblement améliorée.

Ces changements sanctionnent la lente décrue observée depuis dix jours sur le front des hospitalisations comme de l’occupation des services de soins intensifs (respectivement 2 700 et 215 patients en moins sur les sept derniers jours), et même les régions du Sud, plus vulnérables en raison de systèmes de santé défaillants, semblent désormais à l’abri. Ainsi, l’Italie a de solides raisons d’espérer le retour à une situation moins tendue, dans l’attente du début de la grande campagne de vaccination qui doit commencer dès janvier.

Barre symbolique des 60 000 décès

Reste cependant une donnée, terrible, qui ne peut que réfréner cet optimisme : le nombre de morts quotidiens qui, lui, continue à augmenter, rejoignant ces derniers jours les niveaux les plus hauts de la première vague, durant les derniers jours de mars. Jeudi 3 décembre au soir, la protection civile italienne a ainsi annoncé la disparition de 993 patients durant les vingt-quatre heures précédentes, dépassant même le triste record du 27 mars (969 décès).

Avec 58 800 morts imputées au Covid décomptées par la protection civile depuis le début de l’épidémie, l’Italie devrait franchir la barre symbolique des 60 000 décès dimanche, moins de deux semaines après avoir franchi celle des 50 000. La « première vague » du printemps avait déjà montré que la courbe des décès était la dernière à s’infléchir (elle commence à vraiment baisser deux à trois semaines après celle des nouveaux cas), mais alors que la prise en charge des malades a considérablement progressé et qu’aucune région ne s’est trouvée en difficulté comme l’avait été la Lombardie au printemps, cette surmortalité persistante ne peut qu’interroger. Pour le professeur d’épidémiologie et de statistique Lorenzo Richardi (université de Turin), interrogé vendredi par La Stampa, « le record de victimes reste un mystère. Une théorie serait que nous avons une population très âgée, mais ça ne suffit pas ».

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