Les bailleurs de fonds refusent de renflouer le Liban sans réformes

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Emmanuel Macron lors de la conférence organisée à l’initiative de Paris sur le Liban, mercredi 2 décembre à l’Elysée.

Il n’y aura pas de soutien structurel au Liban sans réformes. Capitales étrangères, organismes internationaux et bailleurs multilatéraux ont campé sur leurs positions face aux responsables politiques libanais, mercredi 2 décembre, lors de la conférence organisée à l’initiative de Paris et de l’ONU pour faire le point sur l’aide d’urgence à la suite de l’explosion au port de Beyrouth, le 4 août. Mais ces exhortations, répétées en boucle depuis des mois, n’ont pas eu d’effet sur les dirigeants du pays, menacé d’effondrement total, et il est peu probable que la donne change.

Aucun nouveau gouvernement n’a été formé depuis la démission du cabinet d’Hassan Diab, en août. Les tentatives d’audit de la Banque centrale, condition posée par les bailleurs, ont achoppé. Les résultats de l’enquête sur la déflagration meurtrière de l’été ne sont toujours pas publiés. Autant de gifles à l’initiative lancée par Emmanuel Macron, le 1er septembre depuis Beyrouth. Celui-ci ne se résigne pas : « Nous ne lâcherons rien, jamais, ni sur les promesses que nous avons faites ni sur nos exigences, qu’elles portent sur les réformes ou l’enquête sur les origines de l’explosion du port. Je me rendrai à nouveau au Liban en décembre pour les porter. »

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La conférence, mercredi, s’est concentrée sur le volet humanitaire. Le président français l’a souligné : le montant de l’aide d’urgence déboursée – plus de 280 millions d’euros – a dépassé les promesses qui avaient été faites en août, lors de la conférence des donateurs impulsée par Paris. C’est là l’une des rares victoires de la France. Cette somme a notamment couvert une aide pécuniaire pour plus de 73 000 personnes.

La « république des ONG »

Il s’agit aujourd’hui de remobiliser les bailleurs alors que, sur le terrain, les besoins restent énormes. Les gros budgets ont été alloués au logement et à la sécurité alimentaire. Mais la réhabilitation des appartements endommagés se fait au compte-gouttes. Et d’autres secteurs s’estiment sous-financés.

C’est sur l’ONU, les ONG internationales ou locales et la société civile – dont des représentants ont été conviés mercredi – que les donateurs entendent continuer de s’appuyer. Dès le mois d’août, le risque de corruption, mal endémique au Liban, et de détournement de fonds, avait été pointé par la communauté internationale. Celle-ci se dit aussi désireuse de ne pas apparaître renflouer la classe politique – celle-là même qu’elle a longtemps soutenue.

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