l’OTAN réfléchit à son adaptation stratégique à l’horizon 2030

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Le ministre allemand des affaires étrangères Heiko Maas (ici à Berlin, le 1er décembre) et son homologue français Jean-Yves Le Drian ont salué, mardi 1er décembre, les « recommandations importantes et équilibrées » du rapport des experts de l’OTAN sur l’adaptation stratégique de l’Alliance.

Persistance du risque terroriste, approche traditionnelle et dure vis-à-vis de la Russie, mais aussi prise en compte de la nouvelle puissance chinoise, et porte laissée ouverte à l’affirmation européenne en matière de défense : tel est le subtil équilibre résumant le document remis, mercredi 25 novembre, au secrétaire général de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN), Jens Stoltenberg. Ce rapport de soixante-sept pages est le fruit d’innombrables compromis entre les dix experts réunis, depuis la fin mars, autour d’une mission : réfléchir à l’adaptation stratégique de l’Alliance, à un horizon 2030.

Les ministres des affaires étrangères, dialoguant en visioconférence, mardi 1er décembre, ont discuté des pistes ouvertes par ce travail, qui représente une première étape et non un aboutissement. Le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian, et son homologue allemand, Heiko Maas, ont salué, dans la soirée, par un communiqué commun, un « travail remarquable » et des « recommandations importantes et équilibrées ». Au premier semestre 2021 pourrait se tenir à Bruxelles un sommet de l’OTAN avec la nouvelle administration Biden. Le réengagement américain au sein de l’Alliance fait espérer aux alliés la possibilité de lui redonner du souffle, après le traumatisme politique – plus qu’opérationnel – des années Trump.

Un « code de bonne conduite »

Puis, en 2022, l’OTAN pourrait alors endosser formellement les nouveaux éléments de langage choisis et les mesures préconisées pour renforcer sa cohérence – un mot cité quarante-huit fois dans le rapport. Une cohérence qui devrait être consolidée sur la base de « valeurs partagées et d’idéaux, enracinés dans la démocratie, l’Etat de droit et la liberté individuelle », précise le texte, qui suggère la mise en place d’un « code de bonne conduite » aux contours encore incertains. Il reviendra aux chefs d’Etat et de gouvernement de donner, éventuellement, un contenu à cette idée. Sans entrer dans le détail des tensions internes, au sein de l’Alliance, les auteurs du document mettent en garde : « Les divergences politiques au dans l’OTAN sont dangereuses, car elles permettent à des acteurs extérieurs, et en particulier à la Russie et à la Chine, d’exploiter les différends dans l’Alliance et de tirer profit d’alliés individuels de façon à mettre en péril leurs intérêts collectifs et leur sécurité », souligne le texte.

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Mais, d’ores et déjà, Jens Stoltenberg avertit : le rapport des experts – dont Hubert Védrine, ancien ministre des affaires étrangères français, fait partie – ne sera que « l’un des éléments » dans la redéfinition du fonctionnement et du rôle de l’Alliance. Une façon de vouloir garder le contrôle sur un exercice doctrinal très sensible, alors qu’un membre même de l’OTAN pose problème. Il s’agit de la Turquie, depuis l’offensive qu’elle a lancée, en octobre 2019, en Syrie contre les partenaires kurdes de l’Occident en lutte contre l’organisation Etat islamique.

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