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Il y a quelques jours, l’annonce de Sébastien Lecornu « les territoires d’Outre-mer seront prioritaires, au coeur de la stratégie de vaccination du gouvernement » a provoqué un tollé au sein des populations ultramarines. Alors qu’Emmanuel Macron envisage une campagne de vaccination pour le grand public « entre avril et juin », les interrogations sont nombreuses. Hier, le député guyanais Gabriel Serville a interpellé Olivier Véran pour avoir des précisions sur le sujet. Les Outre-mer serviront-ils de « laboratoire » dans la stratégie de vaccination gouvernementale ?
Le 26 novembre, alors qu’Emmanuel Macron et Jean Castex se sont exprimés l’avant-veille et la veille sur la stratégie du gouvernement pour faire face à la crise sanitaire, dans une série de tweets, le ministre des Outre-mer précise les mesures du gouvernement pour les territoires ultramarins. Concernant la stratégie gouvernementale sur les vaccins :

Cette annonce a déclenché un raz de marée notamment sur les réseaux sociaux.




De la colère mais surtout de l’inquiétude. Alors hier lors de la séance de Questions au gouvernement, le député guyanais Gabriel Serville n’y est pas allé par quatre chemins : « sans surprise, cette annonce soulève de très fortes interrogations parmi nos populations qui ont l’impression de servir de cobayes selon une expression déjà consacrée. Pour rappel, selon les sondages, près de 6 Français sur 10 sont réticents à se faire vacciner. Dans ce contexte, nombreux sont ceux qui en Outre-mer ne comprennent pas pourquoi un nouveau vaccin, qui n’a donc par définition, pas encore fait ses preuves serait déployé chez eux sans l’être dans les mêmes conditions en France hexagonale où le taux de mortalité est pourtant plus élevé ».
Dans sa réponse, ministre de la Santé a d’abord pris la défense de Sébastien Lecornu « le ministre des Outre-mer a précisé et il a eu raison de le dire, que les territoires ultramarins seraient au coeur de la stratégie de vaccinale qui sera déployée dans tout le territoire républicain au cours des prochains mois. [..] Il disait qu’évidemment, les territoires ultramarins ne seraient pas oubliés, que l’approvisionnement des territoires ultramarins ne serait pas retardé par rapport au territoire métropolitain ».
Olivier Véran a ensuite expliqué qu’il n’y aurait pas deux poids, deux mesures. Et que contrairement à ce que certains avaient compris suite au tweet du ministre des Outre-mer, le vaccin ne serait pas déployé en priorité dans les territoires ultramarins « il n’y a qu’une France et la République est partout. Il n’y aura pas donc de cobayes d’un côté ni de retard d’un autre, il y aura une politique vaccinale pour l’ensemble des Français qu’ils habitent en territoire rural ou urbain, qu’ils habitent en métropole ou en territoire ultramarin ».
L’intervention en intégralité d’Olivier Véran sur la question :
“La défiance peut tuer, la confiance elle, peut sauver”, déclare @olivierveran à propos de la stratégie vaccinale de l’État, en particulier dans les territoires ultramarins.#DirectAN #QAG pic.twitter.com/hZaJWNJwwd
— LCP (@LCP) December 1, 2020
Un couac de communication qui aura mis cinq jours avant d’être “dégonflé” par l’exécutif.
Par ailleurs, la semaine dernière, le président de la République avait d’ores et déjà annoncé que le vaccin ne serait pas obligatoire. Hier, le chef de l’État a indiqué “une première campagne de vaccination très ciblée, avec des vaccins de première génération” devrait avoir lieu début 2021, suivie d’une “deuxième vague de vaccination qui s’ouvrira, quelque part entre avril et juin qui, elle, sera plus large et plus grand public et qui ira vers une stratégie de vaccination du plus grand nombre ».
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Selon Olivier Véran, la stratégie de vaccination contre le Covid-19 sera « déclinée dans les prochains jours » avec le Premier ministre. Le ministre de la Santé a reconnu un « problème de confiance dans le pays de Pasteur ». Selon le ministre, l’enjeu sanitaire du vaccin sera accompagné d’un« enjeu majeur » qui sera de « lutter contre la défiance, rassurer, expliquer, partager avec l’ensemble des français à la fois la stratégie, l’intérêt de la vaccination mais aussi la part d’incertitude ». Il a terminé sa prise de parole sur le sujet par cette phrase « la défiance peut tuer, la confiance, elle, peut sauver ».
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