Nouvelle manifestation de l’opposition biélorusse, qui change de tactique

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Une femme brandit le signe V, alors que des retraités biélorusses défilent dans les rues lors d’un rassemblement de protestation contre les violences policières à Minsk, le 23 novembre 2020.

L’opposition biélorusse était de nouveau dans la rue, dimanche 29 novembre, pour réclamer le départ du président Alexandre Loukachenko. Les manifestants privilégient désormais la multiplication de petits rassemblements, à l’habituelle grande marche, organisée dans le centre de la capitale, Minsk. Selon les médias locaux, une vingtaine de rassemblements ont été recensés dimanche dans différents quartiers de Minsk, sous un temps hivernal marqué par des températures proches de 0 °C et des chutes de neige.

« De grandes colonnes se sont assemblées dans tous les quartiers de Minsk, sans exception. La police de Loukachenko se précipite désespérément de district en district », a commenté la chaîne Telegram Nexta Live, qui coordonne en partie la mobilisation.

Quelques légères échauffourées ont eu lieu, la police dispersant des petits groupes avec des grenades lacrymogènes. A 14 heures (12 heures à Paris), 29 personnes avaient été interpellées, selon l’ONG de défense des droits humains Viasna.

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« Marche des voisins »

« Que chacun sorte dans les rues de son quartier et voie les dizaines, les centaines, les milliers de ses compagnons », a déclaré samedi dans une vidéo la figure de proue de l’opposition, Svetlana Tsikhanovskaïa, en exil en Lituanie, au sujet de cette action baptisée Marche des voisins.

La réponse répressive des autorités, qui empêchaient les manifestants de se réunir avec à la clé des centaines d’arrestations, avait rendu ces dernières semaines très difficiles l’organisation des grandes marches réunissant jusqu’à 100 000 personnes depuis mi-août.

Comme chaque dimanche, le centre-ville de Minsk était bouclé, plusieurs stations de métro fermées et le réseau Internet mobile limité. La police antiémeutes était, elle, déployée en nombre, accompagnée de véhicules blindés et de canons à eau.

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A Minsk, le 20 novembre, des manifestants brandissent des roses, pour rendre hommage à Roman Bondarenko, un manifestant antigouvernement, mort à l’hôpital, après avoir été passé à tabac par les forces de l’ordre.

Les Biélorusses protestent contre la réélection d’Alexandre Loukachenko, officiellement vainqueur de l’élection présidentielle du 9 août avec plus de 80 % des voix. Les manifestations hebdomadaires ont réuni jusqu’à plus de 100 000 personnes, un record pour cette ex-République soviétique indépendante depuis 1991, mais la mobilisation était en baisse ces dernières semaines alors que le pouvoir écarte toute concession.

Depuis le début de la contestation, au moins quatre personnes sont mortes lors de manifestations ou après leur interpellation, mais d’autres décès suspects laissent présager un bilan plus lourd. De nombreux manifestants arrêtés ont par ailleurs fait état de tortures durant leur détention et les figures de l’opposition sont soit en prison, soit en exil. Soutenu par Moscou, Alexandre Loukachenko refuse de quitter le pouvoir et n’a évoqué que de vagues réformes constitutionnelles pour tenter de calmer la protestation.

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Le Monde avec AFP

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