[Société] Sécurité routière. « Un accident, ça a un prix »

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Intervenant départemental de sécurité routière (IDSR), Boris Armance part à la rencontre des jeunes pour leur raconter son accident de moto et surtout les conséquences en ne cachant rien de la réalité de la vie d’une personne handicapée.

D’autres auraient pu baisser les bras, pas lui. C’est même le contraire et sa bonne humeur communicative vous donne des forces pour repartir. « J’avais deux choix, avancer ou arrêter d’avancer. Je pensais que ma vie était finie mais ma mère m’a dit qu’elle pouvait toujours me parler, que j’étais en vie, que j’étais encore là », raconte ce mauricien d’origine, désormais installé à La Réunion où il vit désormais avec sa compagne dans le sud de l’île. Pas de remords ou de regret, le sourire toujours vissé aux lèvres, Boris regarde droit devant et n’économise pas son temps et son énergie pour aller vers les autres, parler de son accident et des conséquences : « Un accident ça a un prix et la vie n’a pas de prix », résume-t-il.

 

Une formule qu’il aime à rappeler aux lycéens qu’il rencontre tout au long de l’année en tant que IDSR. Il est l’un des 52 bénévoles de la sécurité routière dans l’île. Il a un but : que les jeunes ne l’oublient pas quand ils prennent le volant de leur scooter, de leur voiture pour certains ou au moment d’entamer leur apprentissage de la conduite. « Quand on est jeune on veut s’affirmer, faire des wheeling pour épater les filles… Mon message c’est qu’ils aient en tête les conséquences ».

 

“Vous voulez déconner, pensez à la sonde !”

 

Son accident date de 2018. Il n’avait pas bu, ne s’était pas drogué, ne roulait pas dangereusement et pourtant… « C’était en pleine journée sur une route secondaire à Maurice, dans un virage ma moto a dérapé sur des gravillons et je n’ai pas réussi à reprendre le contrôle », se remémore-t-il. Le gaillard aujourd’hui âgé de 35 ans, se retrouve projeté en contrebas de la route, « et quand je me suis réveillé, je ne me sentais plus mes jambes ». Suivront une dizaine d’opérations et une furieuse envie de vivre et d’aider les autres au sein du centre de rééducation du Tampon ou à la tête de l’association Club loisir entraide Réunion où il organise des sorties et animations pour des personnes à mobilité réduite.

 

« La vie ne tient qu’à un fil, tout peut basculer en un instant », prévient-il. Pour certains jeunes, c’est aussi parfois la première fois qu’ils peuvent rencontrer une personne atteinte d’un handicap. Pas de tabous : « Ils me posent plein de questions, c’est aussi une façon de leur parler du quotidien d’une personne handicapée ». Depuis la mobilité jusqu’à la sexualité et même les besoins du quotidien, il ne cache rien : « Je leur montre ma sonde urinaire ! Pas pour leur faire peur mais pour parler des conséquences, pour les toucher en rentrant dans l’intimité, pour que les gens sachent ce qu’il y a après. Vous voulez déconner, pensez à la sonde ! », sourit-il.

 

Rien de mieux pour sensibiliser les futurs citoyens au respect des autres. « Ils comprennent pourquoi il ne faut pas se garer sur un trottoir ou sur une place pour personne handicapée ; si elles sont plus grandes c’est parce que j’ai besoin de plus de place pour pouvoir sortir mon fauteuil », illustre-t-il. Boris on ne l’oublie pas et c’est bien son but.

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clicanoo

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