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Un tribunal turc a condamné 337 prévenus à des peines de réclusion à perpétuité, jeudi 26 novembre, pour leur implication dans la tentative de coup d’Etat de 2016 contre le gouvernement du président Recep Tayyip Erdogan. L’audience était l’acte final du plus gros procès intenté à Ankara contre les putschistes affiliés au réseau du prédicateur Fethullah Gülen, un ancien allié de M. Erdogan dans l’islam politique et considéré par les autorités comme l’instigateur du soulèvement raté. Réfugié aux Etats-Unis depuis 1998, l’imam nie toute implication.
La tentative de coup d’Etat, survenue dans la nuit du 15 au 16 juillet 2016, a fait 251 morts et plus de 2 000 blessés. Cet événement sanglant a durablement marqué la Turquie, servant au passage de prétexte au président Erdogan pour élargir ses pouvoirs et débarrasser la société civile de ses voix dissidentes. A la suite des vastes purges lancées après le coup d’Etat, près de 150 000 fonctionnaires ont été limogés. Environ 290 000 personnes ont été arrêtées pour leurs liens présumés avec l’imam honni et près de 100 000 d’entre elles ont été emprisonnées en attendant leur procès, selon le ministre de l’intérieur, Süleyman Soylu.
Pas moins de 290 procès en lien avec la tentative de putsch se sont déjà achevés, neuf autres se poursuivent. Au total, les tribunaux ont d’ores et déjà prononcé plus de 2 500 condamnations à perpétuité.
« Perpétuité aggravée »
Quatre ans plus tard, les opérations de police ciblant les suspects de collusion avec le mouvement de Gülen se poursuivent. Le gouvernement turc justifie la répression et les lourdes peines par la nécessité de nettoyer les institutions d’Etat, les services de police et la justice surtout, lesquelles étaient gangrenées par les gülénistes (adeptes de Gülen), et ce depuis des années. Oublieuses, les autorités omettent de préciser que c’est avec leur plein aval que cette pénétration a eu lieu, Gülen étant pendant des années considéré comme un allié de poids du Parti de la justice et du développement (AKP), aux manettes du pays depuis 2002.
Accusés d’avoir tenté de renverser l’Etat et d’avoir bombardé des bâtiments gouvernementaux emblématiques, dont une aile du Parlement turc, 475 accusés – des généraux, des pilotes d’avions de chasse et des civils – ont ainsi comparu, jeudi, pour la dernière audience de leur procès. Pendant trois ans, les audiences se sont succédé dans la plus vaste salle du pays, spécialement construite au sein du complexe pénitentiaire de Sincan, aux environs d’Ankara.
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