Le crime de lèse-majesté rétabli en Thaïlande

0
66

[ad_1]

Un faux billet de banque représentant un canard lors d’un rassemblement prodémocratie exigeant que le roi de Thaïlande rende les actifs royaux au peuple, à Bangkok, le 25 novembre 2020.

Pour la première fois depuis deux ans, alors que le mouvement de contestation de la jeunesse urbaine ne désarme pas, le redoutable outil de lèse-majesté risque à nouveau d’être utilisé par l’appareil judiciaire thaïlandais : douze des principaux meneurs de la fronde estudiantine qui ébranle le royaume depuis plusieurs mois viennent de recevoir l’ordre de se présenter à la police pour « violation » de l’article 112 du code pénal.

Cet article, dont le principe n’a cessé d’être dénoncé par les partisans du clan pro-démocratie, qui osent défier ouvertement le naguère intouchable monarque Maha Vajiralongkorn, permet de condamner à des peines allant de trois à quinze ans de prison toute personne accusée d’insulter « le roi, la reine, le prince héritier et le régent ». Cette convocation marque un tournant : Sa Majesté elle-même, – Rama X, de son nom dynastique – avait précédemment demandé au premier ministre Prayuth Chan-o-cha, un ex-général putschiste auteur du coup d’Etat de 2014, de ne plus recourir à cette loi de lèse-majesté.

Lire l’analyse : En Thaïlande, la fin du tabou monarchique

L’une des personnalités en vue du mouvement de contestation, l’étudiant en sciences politiques Parit Chiwarak, 22 ans, a réagi avec défiance, mercredi, à sa convocation pour possible violation du « 112 » : « Quelle que soit la personne derrière la réutilisation de cet article de loi, je tiens à lui dire que je ne suis pas le moins du monde inquiet », a-t-il déclaré.

Le monarque le plus riche du monde

Cette loi permettant à n’importe quel citoyen d’en accuser un autre sous prétexte de lèse-majesté avait été utilisée à maintes reprises, dans un passé récent, pour embastiller des opposants au régime militaire. Ce dernier avait été remplacé, au cours d’élections législatives controversées au printemps 2019, par un gouvernement de coalition de nouveau dirigé par l’ex-général Prayuth.

Une nouvelle manifestation a vu des milliers de contestataires défiler, mercredi 25 novembre, dans un quartier de Bangkok où est situé le siège de la Siam Commercial Bank (SCB), un grand établissement financier dont le roi est un actionnaire de poids. Le lieu était symbolique : le monarque le plus riche du monde, dont la fortune oscille entre 30 et 60 milliards de dollars (25 et 50 milliards d’euros), selon les estimations, fait l’objet de critiques constantes de la part de manifestants. Le rassemblement a été émaillé d’incidents vers la fin : des coups de feu ont été tirés dans la foule par des attaquants non identifiés, faisant deux blessés légers.

Il vous reste 51.87% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

[ad_2]

Source link

Have something to say? Leave a comment: